Investiture du président centrafricain: l'opposition appelle au «dialogue sur des sujets politiques»

En République centrafricaine, le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, a prêté serment lundi 30 mars après sa réélection à 76,15% des voix pour un troisième mandat. Une victoire contestée par l’opposition qui a boycotté l’élection.
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C’est au complexe sportif Barthélémy Boganda, devant près de 20 000 personnes et plusieurs chefs d’État africains, que celui que l’on surnomme « le professeur » a prêté serment.
Faustin-Archange Touadéra, dont la large victoire au dernier scrutin est contestée par son opposition, a dédié ce nouveau mandat à la transformation de la Centrafrique, promettant de travailler main dans la main avec tous les centrafricains pour « parachever la réconciliation nationale ».
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Une main tendue qui n’impressionne pas Martin Ziguélé, président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MPLC) et porte-parole du bloc Républicain qui a boycotté les élections. « Il y a un discours qui est destiné à l’opinion internationale pour donner l’image d’un chef d’État rassembleur », dénonce l’opposant, « alors qu’en réalité, il y a la un régime fermé à tout débat et à tout échange. »
Selon lui, la nuance réside dans la distinction entre « dialogue républicain » et « dialogue politique ». « Le dialogue républicain a servi de lit à la modification de la Constitution », analyse Martin Ziguélé, « maintenant, nous demandons un dialogue politique sur des sujets politiques pour réformer les institutions, pour faire en sorte que ce pays demeure une République. »
Il y a un discours qui est destiné à l’opinion internationale pour donner l’image d’un chef d’État rassembleur. Et il y a la réalité : un régime qui est fermé à tout débat et à tout échange, à toute démarche de discussion pour améliorer, pour faire reculer l’autoritarisme qui jette son voile sur notre pays. La démocratie dans un pays, ce n’est pas simplement d’organiser des élections, c’est d’abord d’avoir des élections équitables, inclusives. Et nous savons ce qui s’est passé pendant ces élections. Même si le pouvoir dit avoir organisé un dialogue avec tous les partis politiques et même la société civile. Dans le dialogue républicain, ça n’a rien à voir avec le dialogue politique que nous avions toujours demandé d’avoir. Le dialogue républicain a servi de lit à la modification de la Constitution. Nous avons flairé le piège. C’est pour ça que nous avons refusé ce dialogue républicain. Maintenant, nous demandons un dialogue politique sur des sujets politiques pour réformer les institutions, pour faire en sorte que ce pays demeure une République.
Martin Ziguélé, président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MPLC) et porte-parole du bloc Républicain
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