Ile Maurice: À Quatre-Bornes, on avance, à Rose-Hill, Vacoas et Curepipe, on attend

Après le Victoria Urban Terminal à Port-Louis, inauguré en juillet 2022, les quatre autres villes du pays: Rose-Hill, Quatre-Bornes, Vacoas et Curepipe, attendent toujours le début de leurs projets de terminaux urbains. À Quatre-Bornes, les dernières évolutions laissent présager un démarrage des travaux vers la fin de l’année, tandis que dans les autres villes, l’incertitude est de mise.
À Rose-Hill, le projet de Rose-Hill Urban Terminal (RHUT) a émergé après la mise en service de la première ligne de métro reliant Rose-Hill à Port-Louis en janvier 2020. Intégré au réseau Metro Express, le RHUT ambitionnait de revitaliser le centre-ville en créant un espace moderne comprenant des commerces et des lieux de loisirs, et en impliquant le secteur privé. Il visait à transformer des zones stratégiques comme l’ancien site du CEB et la place du marché, en un point de convergence fonctionnel et esthétique.
Rappelons que le projet Metro Express a nécessité la relocalisation des commerces de l’Arab Town à proximité du stade de Rose-Hill. Reste toutefois en suspens le sort du bâtiment Atrium, initialement annoncé comme devant être démoli, mais dont l’avenir demeure incertain. Selon Gabriella Batour (lire ci-contre), il n’a jamais été question de démolir l’Atrium, ce qui laisse supposer que l’ancien centre commercial fera partie du terminal urbain de Rose-Hill dans le futur.
Par ailleurs, l’ancien gouvernement avait lancé, en février 2024, un Request for Proposals (RFP) pour le développement et l’exploitation du RHUT. Il était alors clairement indiqué que l’État ne participerait aucunement au projet, en dehors des incitations prévues dans le RFP. La contribution du gouvernement devait se limiter à la mise à disposition de terrains sous forme de bail au promoteur retenu.
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Début de chantier en fin d’année
À Quatre-Bornes, les choses semblent plus avancées. Une présentation du Quatre-Bornes Urban Terminal a eu lieu en juillet 2025 par le promoteur, la compagnie RBRB. Selon le maire de la ville, Bryan Ruddy Kennoo, le projet sera examiné par tous les conseillers municipaux jeudi prochain.
Le plan prévoit la transformation du marché actuel en un bâtiment moderne. «Le promoteur doit s’occuper de la gestion du projet tout en veillant à ce que certains aspects comme le marché et le food court, comprenant les boucheries, soient relogés correctement. Nous allons nous assurer que les commerçants du bazar soient relogés dans un autre endroit correct pendant la durée des travaux.
Des emplacements ont été déjà identifiés», assure le maire. Concernant le démarrage des travaux, il affirme que le promoteur prévoit de lancer le chantier d’ici la fin de l’année, avec une livraison attendue en 2028. Ce calendrier témoigne d’une volonté d’avancer rapidement, le design ayant déjà été soumis et un plan d’action étant en cours d’élaboration. Des documents pour l’instant confidentiels, ce qui limite la visibilité pour le public et pourrait susciter certaines inquiétudes parmi les habitants. Le maire assure toutefois que des rencontres avec les maraîchers sont prévues, dans un esprit de dialogue, afin de garantir le bon déroulement des opérations.
À Vacoas, le maire Sunjeevsingh Dindyal indique que le projet de terminal urbain est géré par le ministère des Collectivités locales et que, à ce jour, «pa kone si pou al de lavan ou non». Bien que des échanges verbaux aient eu lieu avec le ministère, la municipalité attend toujours des informations concrètes. «Nous n’allons pas rester les bras croisés en attendant que le projet démarre», souligne-t-il. Un projet de relocalisation de la gare est évoqué, dont l’objectif est de décongestionner le centre-ville et d’améliorer l’accessibilité. Le maire affirme qu’il existe une réelle volonté de revitaliser la ville et de redynamiser son centre urbain.
Comme pour Rose-Hill et Vacoas, à Curepipe aussi les habitants attendent toujours l’Urban Terminal dont on parlait avant même que le projet de Metro Express ne soit lancé. En décembre 2023, il était même question, selon un ancien ministre, d’inclure une piscine dans le terminal. Là encore, un RFP avait été lancé en mars 2024. Depuis, rien.
Des études ont démontré que les terminaux urbains peuvent constituer des investissements viables et stratégiques, s’ils s’accompagnent de mesures complémentaires : tarifs intégrés, services fiables, politiques d’aménagement du territoire favorables et coopération entre les acteurs publics et privés.
Bien conçus et correctement coordonnés, ils peuvent réduire les embouteillages, améliorer l’accessibilité et stimuler le développement économique local. Or, leur succès dépend d’un choix judicieux des sites, d’une conception inclusive, d’un financement durable et d’une coordination opérationnelle solide.
Administrations régionales l Ranjiv Woochit : «Chaque projet doit être réévalué individuellement»
Selon Ranjiv Woochit, ministre des Administrations régionales, les projets d’Urban Terminals font actuellement l’objet d’un examen au cas par cas. «À notre arrivée, nous avons suspendu les procédures engagées par l’ancien gouvernement afin de relancer l’ensemble des projets sur de nouvelles bases», explique-t-il. À Rose-Hill, la relance du projet passe d’abord par l’acquisition d’un terrain, une étape qui n’a pas encore été finalisée. «Une fois cette acquisition réalisée, cela permettra de donner un nouvel élan au projet.»
En ce qui concerne Quatre-Bornes, le ministre indique qu’ils ont terminé l’acquisition de tous les terrains nécessaires et que le projet sera réalisé par le promoteur RBRB. Pour Curepipe, il rappelle que l’ancien gouvernement avait lancé un premier appel d’offres avant de décider d’acquérir un terrain additionnel, ce qui n’a pas été fait. Ranjiv Woochit souligne la nécessité de réévaluer les différents projets un par un et de relancer le processus, tout en relevant des lacunes dans le projet de Vacoas, qui devra également être revu.
Concernant le bâtiment Atrium à Rose-Hill, les orientations auraient évolué et aucune démolition n’est envisagée à ce stade. Le bâtiment pourrait être intégré au projet d’Urban Terminal, sous réserve d’analyses techniques approfondies. Un technicien sera d’ailleurs mandaté afin d’évaluer si une démolition partielle ou totale est nécessaire.
Les projets discutés impliquent également des préoccupations concernant leur financement. Le ministre a rappelé que les terminaux urbains sont des projets privés, conçu selon un modèle de type «design and build», ce qui signifie que le promoteur doit proposer un design respectant les conditions d’un terminal qui inclut des espaces commerciaux et de stationnement.
Dans ce cadre, le promoteur est tenu de proposer un concept conforme aux exigences d’un terminal urbain, incluant des espaces commerciaux et des facilités de stationnement. «Le promoteur doit obtenir l’ensemble des permis requis par la loi et respecter des normes précises, notamment en matière de parking. Par exemple, la construction d’un bazar implique la prévision d’aires de stationnement adéquates, qui doivent être clairement intégrées au projet», a-t-il souligné.
Questions à Gabriella Batour, mairesse de Beau-Bassin/Rose-Hill : «Le bâtiment Atrium ne sera pas détruit»
Est-ce que le bâtiment Atrium sera détruit ?
Le bâtiment Atrium ne sera pas détruit. Il n’a jamais été question de démolition.
Est-ce que le bâtiment a été pleinement sécurisé ?
L’Atrium relève de la responsabilité du ministère des Collectivités locales, et toutes les décisions sont prises dans un esprit de concertation et de responsabilité partagée. Les interventions réalisées le dimanche 22 décembre 2025 s’inscrivaient uniquement dans une démarche de sécurisation dans l’intérêt public.
Ce jour-là, des mesures concrètes ont été prises, avec l’appui des pompiers, de la force policière et des équipes municipales. Des panneaux d’avertissement ont été installés et d’autres mesures de sécurisation viendront renforcer ce dispositif. La municipalité travaille en étroite collaboration avec le ministère, et nous envisageons également un renforcement des effectifs.
Où en sont les discussions avec le ministère sur le projet Urban Terminal ?
Elles vont reprendre très prochainement. Le projet Urban Terminal s’inscrit dans une vision à long terme de modernisation et de structuration de nos centres urbains, et il concernera plusieurs villes ciblées, dont Rose-Hill.
Est-ce que la municipalité sera impliquée dans la réalisation du projet à tous les niveaux ?
La municipalité entend pleinement jouer son rôle de partenaire institutionnel. À ce stade, alors que les discussions reprennent, il serait prématuré de détailler les modalités exactes d’implication. Toutefois, notre volonté est claire : défendre les intérêts de la ville et de ses habitants à chaque étape du processus.
Comment ce projet va-t-il s’intégrer dans le projet d’ensemble qui vise à redynamiser la ville de Rose-Hill ?
Ce projet s’inscrit dans une réflexion globale sur l’avenir de Rose-Hill. Il s’agit de repenser l’aménagement urbain dans son ensemble, en intégrant la gare routière, les galeries commerciales et les espaces environnants. L’objectif est clair : redonner une nouvelle dynamique économique à la ville, créer davantage d’opportunités commerciales et renforcer l’attractivité de Rose-Hill comme pôle urbain majeur.



