Ile Maurice: «Smart tech, safe choices», l'IA sous surveillance

Le ministère des Technologies de l’information, de la communication et de l’innovation (TICI), Avinash Ramtohul, a lancé, le lundi 9 février, les ateliers du Safer Internet Day 2026 à l’auditorium Octave Wiehe. Organisée avec la Computer Emergency Response Team of Mauritius (CERT-MU), la rencontre a placé l’intelligence artificielle (IA) au centre du thème «Smart tech, safe choices», avec une priorité : protéger les utilisateurs, surtout les enfants et les jeunes.
L’officer-in-charge de la CERT-MU, Kaleem Usmani, a rappelé : «L’intelligence artificielle n’est plus le futur. Elle fait partie de nos vies actuelles.» Évoquant les réseaux sociaux, l’apprentissage en ligne et les outils de création de contenu, il a souligné que ces technologies peuvent influencer les opinions et traiter des données personnelles d’une manière peu visible, ce qui rend l’awareness, la pensée critique et l’usage éthique «plus importants que jamais».
Les échanges ont mis en lumière des risques qui touchent directement les jeunes : cyberharcèlement, contenus inappropriés, atteintes à la vie privée et effets sur la santé mentale. Pour en situer l’ampleur, Kaleem Usmani a indiqué que plus de 82 % des jeunes utiliseraient déjà l’IA, et qu’à Maurice entre 190 000 et 210 000 jeunes y auraient recours. Il a aussi évoqué, à titre indicatif, 643 incidents enregistrés sur la plateforme WhoPost sur un seul mois en 2026, dont des cas impliquant des mineurs. Les ateliers ont pour objectif d’aider les jeunes à repérer les manipulations, à protéger leurs mots de passe, à signaler les abus et à comprendre que chaque action en ligne a un impact réel.
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La coordinatrice résidente des Nations unies à Maurice et aux Seychelles, Lisa Simrique Singh, a souligné le fait que la sécurité numérique relève aussi des droits humains et qu’elle exige une mobilisation collective. Elle a mentionné quatre vidéos de sensibilisation aux menaces numériques, destinées aux élèves et aux parents, diffusées sur la MBC et distribuées aux écoles. Du côté des plateformes, la responsable du programme Outreach & Partnerships pour l’Afrique subsaharienne chez TikTok, Duduzile Mkhize, a présenté une approche combinant règles communautaires, outils de contrôle et modération avec intervention humaine, ainsi qu’une expérience graduée selon l’âge et des mécanismes de signalement des comptes à partir de l’âge.
Le ministre des TICI, Avinash Ramtohul, a, lui, interpellé les élèves et les parents sur les contournements d’âge et la viralité de contenus choquants ou intimes. Il a dit vouloir faire évoluer le cadre légal afin de renforcer la responsabilité des plateformes. «Pensez avant d’agir sur l’espace numérique», a-t-il martelé, annonçant des lignes directrices sur l’usage de l’IA à venir avant la fin février. Au terme de la matinée, le message du Safer Internet Day 2026 affichait une équation simple : innover, sans compromettre la sécurité, la vie privée et les valeurs humaines.




