Ile Maurice: «Le 15 ou le 20, beaucoup de familles ont déjà du mal à boucler les fins de mois»

À travers trois interventions successives, le Reform Party a dressé ce lundi, face à la presse réunie à l’Hennessy Park Hotel, un réquisitoire contre ce qu’il considère comme les failles du système actuel.
La cherté de la vie a ouvert le bal. Le président du Reform Party, Denys Lamy, a donné le ton : celui d’un parti qui veut se poser en porte-voix des ménages qui peinent à finir le mois. Selon lui, «le 15 ou le 20, beaucoup de familles ont déjà du mal à boucler les fins de mois». Il a dénoncé ce qu’il considère comme un écart entre les promesses faites en matière de protection du pouvoir d’achat et la réalité sur le terrain.
Citant des mesures évoquant une collaboration avec la State Trading Corporation pour importer certains produits à prix réduits, il a dit estimer que les engagements annoncés tardent à se concrétiser. «La population attend des mesures concrètes pour soulager le panier de la ménagère», a insisté Denys Lamy, appelant à des actions rapides pour soutenir les consommateurs.
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Prenant la suite, Bashir Jahangeer a soulevé un cas allégué de maldonne concernant des procédures de procurement au Central Electricity Board. Il est notamment revenu sur des appels d’offres liés à des équipements techniques et à l’installation d’un moteur à Pointe-Monnier, à Rodrigues, dont les critères d’éligibilité seraient, selon lui, «trop restrictifs» et susceptibles de favoriser un soumissionnaire précis.
Il a également réclamé l’ouverture d’une enquête afin de faire toute la lumière sur ces procédures. Le Reform Party propose dans ce contexte que les grands projets nationaux fassent l’objet de présentations publiques détaillées, incluant la publication des documents d’évaluation et des critères d’attribution, au nom d’une «transparence totale».
Quant à Ryad Subratty, il s’est attardé sur les nouveaux plans de logement annoncés par le gouvernement, notamment le système dit Rent-to-Own. Selon lui, ce mécanisme, qui prévoit le paiement d’un loyer pendant plusieurs années avant un éventuel accès à la propriété, ne garantit pas un véritable accès au logement pour les jeunes.
Avec un coût moyen estimé à plusieurs millions de roupies pour un logement et des mensualités importantes, «seuls les ménages disposant d’un salaire élevé peuvent réellement prétendre à devenir propriétaires», a-t-il déclaré. Il a soutenu que de nombreux jeunes actifs ne pourront «jamais accéder à un chez-soi avec dignité» dans les conditions actuelles.
Le parti a mis en avant sa propre proposition de modèle intégré, articulé autour du concept Work, Live and Play, combinant logement, services et espaces de vie au sein d’un même environnement, ainsi qu’un financement reposant sur un système de déduction salariale progressive.
Au fil des interventions, le parti a ainsi tenté de relier pouvoir d’achat, gouvernance et logement autour d’un même message : la nécessité, selon lui, d’une rupture avec le fonctionnement actuel.

