Ile Maurice: Transferts d'enseignants placés sous la MEDCO – Tension dans certains collèges

C’est la grande rentrée scolaire aujourd’hui, et l’ambiance est déjà teintée de tensions dans certains établissements secondaires établissements secondaires. Alors que les enseignants et les élèves franchissent à peine les portes des institutions pour l’année académique 2026, une grogne se fait entendre du côté d’une partie du corps enseignant placé sous la tutelle de la Mauritius Educational Development Company Ltd (MEDCO). En cause : le récent exercice de transferts, qui ne fait pas l’unanimité.
Selon l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), plusieurs enseignants concernés n’acceptent pas les décisions prises. Une situation que confirme son président, Arvind Bhojun, qui évoque un malaise réel sur le terrain. «Il est vrai qu’une certaine frustration se fait ressentir auprès des enseignants tombant sous la MEDCO», concède-t-il.
Une frustration qui, selon lui, ne date pas d’hier mais qui ressurgit avec plus d’intensité avec la rentrée. Le président de l’UPSEE rappelle toutefois que des avancées ont été réalisées ces dernières années. «Avant, cet exercice de transfert se faisait sans aucune consultation avec l’UPSEE. Ce n’est que depuis l’année dernière que nous y sommes impliqués et nous devons en remercier le ministre de l’Éducation, qui nous a ouvert la porte en vue de cet exercice», souligne-t-il. Une implication syndicale qui, bien que saluée, n’a cependant pas permis d’éviter toutes les frustrations.
Dans les faits, explique le syndicat,certains enseignants avaient eux-mêmes formulé des souhaits de transfert. Une partie d’entre eux a obtenu satisfaction, mais d’autres n’ont pas vu leurs demandes aboutir. Plus délicat encore : des enseignants qui ne s’attendaient pas à être mutés ont, eux, reçu une notification de transfert. «C’est une politique du ministère : les enseignants sont censés effectuer au moins sept ans dans une même école, sauf en cas d’urgence justifiant un transfert», rappelle Arvind Bhojun.
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IUOr, sur le terrain, cette règle ne semble pas toujours appliquée de manière uniforme. «Malheureusement, certaines personnes sont transférées tous les deux ans», déplore-t-il. Une situation qui, selon le syndicat, nuit à la stabilité pédagogique. «Il faut une continuité dans le travail entamé, surtout lorsque les élèves ont eu le temps de s’adapter à leurs enseignants. Les changements trop fréquents peuvent être déstabilisants, autant pour les élèves que pour les éducateurs», insiste-t-il.
Au-delà des aspects administratifs, le changement d’environnement professionnel représente également un défi humain. S’intégrer dans une nouvelle équipe, s’adapter à un autre public scolaire ou encore revoir ses méthodes de travail demande du temps. Autant de facteurs qui peuvent peser sur le moral des enseignants, particulièrement en début d’année scolaire.
Conscient de ces enjeux, le président de l’UPSEE affirme avoir déjà soulevé ces préoccupations avec les fonctionnaires responsables des transferts au sein du ministère de l’Éducation. «Nous leur avons exposé la situation, et ils ont compris», assure-t-il. Les autorités ont toutefois reconnu les limites de l’exercice. «Ils nous ont expliqué qu’ils feront leur maximum, mais qu’il est impossible de mener un exercice de transfert qui satisfasse tout le monde», rapporte Arvind Bhojun.
Sur un effectif d’environ 460 enseignants relevant de la MEDCO, le syndicat estime qu’une cinquantaine ne seraient pas satisfaits de leur affectation pour cette nouvelle année. Un chiffre qui, sans être majoritaire, reste suffisamment significatif pour alimenter le malaise en ce début d’année scolaire.
Alors que les salles de classe s’apprêtent à reprendre vie dès ce mardi 13 janvier, enseignants, élèves et parents espèrent désormais que le dialogue amorcé permettra, à terme, d’apaiser les tensions et de garantir un environnement propice à l’apprentissage.



