Ile Maurice: Les syndicats exigent une instance indépendante

Le lundi 2 février, plusieurs plateformes syndicales étaient réunies devant le Parlement pour manifester pacifiquement contre le dernier rapport du Pay Research Bureau (PRB). Les participants demandent qu’une structure indépendante traite les «Errors and Omissions» du rapport pour le rendre plus équilibré et conforme aux attentes des fonctionnaires.
Pour le Dr Vinesh Sewsurn , président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), la manifestation avait pour objectif d’envoyer un message clair au gouvernement et au Pay Research Bureau (PRB).
«Le PRB ne peut pas modifier les conditions de travail de manière unilatérale, même avec l’appui du conseil des ministres. Les mesures prévues ne tiennent pas compte des difficultés réelles des fonctionnaires et risquent de dégrader leurs conditions de travail. Le paiement à 50 %, les passage benefits ou encore la Sunday Allowance vont à l’encontre des attentes des employés. Il faut un commissaire pour corriger le rapport», a-t-il affirmé.
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De son côté, Sharvin Sunassee , négociateur de la General Worker s Federation (GWF), dénonce une ingérence du gouvernement dans le rapport du PRB. «Il n’est pas prévu que le paiement se fasse en deux fois dans le rapport original. La décision du conseil des ministres influence le contenu, ce qui constitue une violation de la convention 144 de l’Organisation inter nationale du travail. La consultation avec les syndicats a été insuffisante et nous attendons désormais des négociations avec le gouvernement», a-t-il expliqué. Clency Bibi, président de la GWF, a quant à lui souligné que le mouvement syndical reste prêt au dialogue et appelle à un respect accru des travailleurs.
Petits fonctionnaires lésés
Amarjeet Seetohul , président de la Ministry of Health Employees Union, a critiqué la révision salariale. «Le paiement de 50 % en 2026 et 100 % en 2027 ne reflète pas la croissance et le développement économique attendus du secteur public. Si la population n’est pas en bonne santé, il n’y aura pas de croissance économique», a-t-il rappelé, soulignant également l’importance de l’éducation dans ce contexte.
Pour Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress, le rapport du PRB est perçu comme favorable aux hauts fonctionnaires au détriment des employés de base. «Les petits fonctionnaires sont ceux qui contribuent réellement au développement économique du pays. Il faut publier ce rapport tous les trois ans, et non tous les cinq ans. Nous appelons les fonctionnaires à rester mobilisés», a-t-il insisté.
Radhakrishna Sadien, négociateur syndical de la State and Other Employees Federation (SEF), a rappelé que la majorité des syndicats a rejeté le rapport. «Ce n’est plus une instance indépendante. À trois reprises, nous avons dû recourir à des institutions externes pour corriger des anomalies. Certains ministères mettent également la pression sur les employés pour signer les formulaires d’option avant la mi-mars, ce qui est déplorable», a-t-il dénoncé.
Narendranath Gopee, président de la National Trade Union Confederation (NTUC), estime que le PRB est dépassé par les événements. «Le PRB n’arrive pas à produire un rapport fiable. Il est influencé par le gouvernement pour modifier les échelles salariales, ce qui crée une frustration générale chez les fonctionnaires. Nous demandons qu’une instance indépendante se charge des Errors and Omissions. De plus, la décision récente selon laquelle le dimanche ne serait pas un congé public est contraire à la Public and Holiday Act. Chaque dimanche doit être reconnu comme un jour de repos», a-t-il rappelé.
Cette manifestation réunissant des représentants de plusieurs syndicats a été pacifique, mais elle envoie un message clair au gouvernement : les fonctionnaires exigent une révision du rapport du PRB dans la transparence, le respect des droits acquis et la prise en compte des réalités du terrain. Les syndicats appellent désormais à des discussions concrètes pour corriger les lacunes et assurer que les décisions prises répondent aux besoins réels des fonctionnaires.




