Ile Maurice: Le PMSD parle de «trahison» envers les travailleurs

Le porte-parole du PMSD, Olivier Barbe, monte au créneau après l’annonce de la compensation salariale et fustige ce qu’il qualifie de «victoire bâtie sur les mensonges» de l’Alliance du changement. Selon lui, les promesses faites aux travailleurs et aux consommateurs sont aujourd’hui en total décalage avec la réalité économique vécue par la population.
«On nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour accorder une compensation salariale adéquate, mais dans le même temps, on constate une largesse accrue pour les voyages officiels, dont les dépenses auraient doublé par rapport au précédent régime», dénonce-t-il. Olivier Barbe pointe également une «augmentation considérable» des salaires des conseillers, qu’il juge difficilement justifiable dans le contexte actuel.
Autre sujet de préoccupation : le financement même de la compensation salariale. Le porte-parole du PMSD affirme que celle-ci sera déduite de la Contribution sociale généralisée (CSG), un mécanisme qui, selon lui, «ne retournera pas au peuple comme c’était le cas par le passé à travers les allocations». Une situation qu’il considère comme une injustice supplémentaire pour les travailleurs.
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Sur le terrain, Olivier Barbe estime que les promesses d’allègement du coût de la vie n’ont pas été tenues. «Les caddies des consommateurs coûtent de plus en plus cher, alors que l’Alliance du changement avait promis un soulagement», soutient-il. Il ajoute que la chute du dollar à l’international ne se reflète pas à Maurice, une situation qu’il juge «négative pour l’économie et, par ricochet, pour les consommateurs». Enfin, le PMSD dénonce le retard entourant la publication du rapport du Pay Research Bureau. «On avait promis qu’il serait rendu public en janvier 2025. C’est une trahison envers les fonctionnaires», conclut Olivier Barbe.
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Reza Uteem,ministre du Travail
Reza Uteem, ministre du Travail, a expliqué : «Lors de la réunion tripartite, le Premier ministre a été à l’écoute des revendications des syndicats, qui demandaient l’octroi d’un montant pour compenser la hausse du coût de la vie. Il a également entendu le secteur privé, qui a fait part de ses difficultés à assumer le paiement de la compensation salariale. Tenant compte de l’ensemble de ces éléments, le Cabinet a eu de longues discussions et a décidé d’accorder une compensation salariale équivalente au taux d’inflation, soit 3,7 %, calculée sur la base du salaire minimum de Rs 17 110 et plafonnée à Rs 50 000, comme cela avait déjà été fait l’année dernière.»
En ce qui concerne les pensionnaires, il a ajouté : «Le gouvernement n’a pas oublié les plus démunis, ceux qui ont le plus besoin de cette compensation, notamment les retraités percevant une pension, les veuves, les orphelins ainsi que les bénéficiaires de l’Income Support. Toutes ces personnes bénéficieront également de cette augmentation de 3,7 %. Cette mesure représente un coût d’environ Rs 2,2 milliards pour l’État, uniquement pour l’ajustement accordé aux retraités, veuves et orphelins.»
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Michael Sik Yuen, ministre du Commerce
Michael Sik Yuen, ministre du Commerce, a déclaré que le gouvernement a fait ce qui est en sa capacité : «Tout gouvernement, s’il a la capacité de donner davantage, le fera. Mais lorsqu’il ne le peut pas, malheureusement, il ne le peut pas. Il faut prendre la mesure de la dévaluation de la roupie entre 2014 et 2024 : elle a perdu près de la moitié de sa valeur. En 2014, un dollar valait moins de Rs 30 ; aujourd’hui, il tourne autour de Rs 46 à Rs 47. L’euro, qui était en dessous de Rs 40, se situe désormais entre Rs 53 et Rs 54. Nous faisons tout pour reconstruire le pays, mais cela ne peut pas se faire en quelques jours. Aujourd’hui, il y a davantage de stabilité, mais nous devons vivre avec les moyens dont nous disposons.» Interrogé sur la question de savoir si les Rs 635 permettront de compenser la perte de pouvoir d’achat et d’alléger le panier de la ménagère, le ministre a ajouté : «Cela va aider. Il vaut mieux avoir une somme que rien du tout.»
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Joe Lesjongard, leader de l’opposition
«Tous les travailleurs et le monde syndical sont déçus de ce gouvernement. Ce taux de compensation est une autre décision anti-peuple comme l’a été l’élimination de la pension pour les 60 à 65 ans et les réductions des allocations pour les travailleurs. Ce taux de compensation n’est en rien un revenu additionnel puisque le gouvernement a déjà commencé à réduire les allocations pour les travailleurs. 2026 sera plus difficile pour les ménages avec le coût de la vie qui ne connaît aucune baisse. La caisse est vide pour la population mais remplie pour ceux au gouvernement qui vont en mission à coup de millions mais qui ne rapportent rien au pays.»
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Nando Bodha, leader du Rassemblement mauricien
Nando Bodha s’interroge sur la valeur de la compensation de Rs 635 : «Cette compensation révèle le vrai visage de ce gouvernement. Après la pension de vieillesse et la promesse non-tenue sur le prix de l’essence, ils sont en train de prendre le peuple pour des mendiants. Que peut-on faire avec Rs 635 ?» Il s’est également interrogé sur la pertinence de ces mesures d’austérité : «Pourquoi demander au peuple de ser sintir alors que le train de vie de l’État, lui, demeure inchangé ?»
Selon lui, il n’y a pas eu de vraies consultations, mais uniquement un semblant de dialogue : «Le gouvernement n’a pas analysé le fond du problème. Il ne comprend rien à l’augmentation du coût de la vie pour les familles.Les travailleurs vivent dans l’angoisse en attendant chaque fin de mois.» En ce qui concerne le montant, Nando Bodha estime qu’il est trop faible : «Ce montant ne va pas compenser la perte du pouvoir d’achat que les travailleurs subissent déjà. Le quantum est trop faible.»
Ajoutant comprendre la déception des syndicats, il déplore l’absence de justice sociale : «Créer deux catégories de travailleurs – ceux qui gagnent jusqu’à Rs 50 000 et ceux qui gagnent au-delà de ce montant – ne favorise pas la justice sociale. Il aurait dû y avoir un système pour aider ceux au plus bas de l’échelle.» Concernant la gestion du pays et le rôle des institutions de notation, il a ajouté : «Nous ne pouvons pas diriger un pays sous la contrainte de Moody’s, du FMI, ou de la Banque mondiale, au détriment de la population.»



