Ile Maurice: Hausse des prix et concurrence – La surveillance renforcée

La hausse du coût du fret, du diesel et des produits importés à la source se répercute sur les prix. Lorsque l’importation ou le transport devient plus coûteux ou que le produit lui-même est acheté à un prix plus élevé, les entreprises ajustent leurs tarifs pour compenser ces charges supplémentaires. Mais ces augmentations peuvent parfois dépasser les coûts réels, ce qui soulève la crainte de possibles abus, pointés du doigt par les associations de consommateurs depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Le risque est celui d’un effet domino. Chaque hausse à un niveau de la chaîne – transport, importation, distribution – se répercute sur le suivant, jusqu’au consommateur final. La récente augmentation du prix du diesel d’environ 10 %, par exemple, entraîne une hausse immédiate des coûts de transport, que ce soit pour acheminer les marchandises depuis le port ou les distribuer à travers l’île.

À cela s’ajoute la hausse du coût du fret, qui renchérit le prix des produits importés dès leur arrivée sur le marché local. Avant le conflit au Moyen-Orient, le transport d’un conteneur de 20 pieds coûtait environ USD 1 200. Avec la crise, il est finalement passé à USD 2 000. À hier, le coût d’un conteneur atteignait USD 2 500, sans compter les frais supplémentaires tels que pour la sécurité des cargaisons, le Bunker Adjustment Factor, qui correspond au coût supplémentaire lié à la hausse du carburant des navires, et l’assurance de la cargaison.

Avec ces frais, le coût total peut approcher les USD 3 000 par conteneur. De plus, certaines cargaisons n’ont pas encore de place confirmée sur les navires, explique Afzal Delbar, président de la Customs House Brokers’ Association. Cela signifie que les importateurs paient davantage pour faire venir leurs marchandises, un surcoût qui est ensuite répercuté sur les grossistes, puis sur les détaillants.


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Les fournisseurs, les prestataires de services ou encore les producteurs locaux voient leurs coûts augmenter, que ce soit pour l’approvisionnement, la logistique ou l’énergie. Ces hausses finissent par se refléter dans les prix des biens et des services qu’ils proposent. Au final, ces différentes augmentations s’accumulent tout au long de la chaîne et conduisent à une hausse généralisée des prix. Dans ce contexte, une vigilance accrue s’impose afin de s’assurer que les hausses appliquées restent justifiées et proportionnées, insistent les associations des consommateurs.

Interrogé sur les mesures prises pour prévenir les abus, le ministre du Commerce et de la protection des consommateurs, Michaël Sik Yuen, indique qu’une trentaine d’officiers sont déployés sur le terrain pour suivre la situation. Il rappelle également que 25 000 produits sont soumis à un maximum mark-up, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas être vendus au-delà de ce plafond.

Enquêtes de marché

Face à la hausse des prix et aux risques d’abus, il est essentiel de comprendre comment la structure du marché influence la concurrence. C’est dans ce contexte que les enquêtes de marché prennent toute leur importance. Elles permettent d’identifier les facteurs qui limitent la concurrence, de formuler des recommandations pour protéger les consommateurs et d’améliorer le fonctionnement du marché.

Un marché peu concurrentiel peut entraîner des prix plus élevés, une qualité moindre, une baisse de la production, une diminution de l’efficacité ou encore moins d’innovation. Pour renforcer la surveillance de ces risques, la Competition Commission a publié le 31 mars ses lignes directrices sur les enquêtes de marché, suite à la modification récente de la Competition Act 2007.

Contrairement aux enquêtes classiques, qui se concentrent sur des comportements précis d’entreprises ou sur des accords entre elles – comme l’abus de position dominante, les fusions nuisibles ou les cartels -, les enquêtes de marché ont une portée plus large. Elles permettent d’analyser la structure globale d’un marché, l’environnement réglementaire et le comportement général des opérateurs. La commission dispose pour cela de pouvoirs étendus, lui permettant d’interagir avec les entreprises, les régulateurs et les autres acteurs concernés afin de produire des conclusions fiables et étayées.

Lorsqu’elle identifie des pratiques ou des structures qui restreignent la concurrence, la Competition Commission peut adresser ses recommandations aux autorités pour modifier lois, politiques ou règlements. Les lignes directrices encadrent ainsi le processus tout en laissant à la commission la flexibilité nécessaire pour agir conformément aux bonnes pratiques internationales.

De nouvelles cargaisons renforcent les réserves d’huile lourde

Le navire «Sea Treasure», en provenance de Singapour, a effectué son débarquement d’huile lourde comme prévu, hier. Sollicité pour en savoir plus, Michaël Sik Yuen nous a communiqué les données concernant l’arrivage et le niveau des stocks à ce jour. Ces approvisionnements sont particulièrement importants car une partie de l’électricité produite dépend du diesel importé. Environ 40 % de la production électrique repose sur ce carburant, utilisé sous deux formes : le «180», destiné aux centrales de St-Louis et de Fort-Victoria, et le «380», pour celle de Fort-George.

Pour le type HSFO 180 SR, le stock initial s’élevait à 6 648 tonnes métriques, soit environ dix jours de couverture. Après le déchargement de 18 500 tonnes hier, le volume total atteint 25 148 tonnes, ce qui représente désormais 39 jours de stock, avec une autonomie estimée jusqu’au 10 mai. Concernant le HSFO 380 SR, les réserves étaient de 7 375 tonnes métriques, correspondant à 16 jours de consommation. L’apport de 15 000 tonnes permet de porter le stock à 22 375 tonnes, soit 49 jours de couverture, avec une échéance estimée au 20 mai.

En ce qu’il s’agit du HSFO 180 CC, le stock initial était plus limité, à 633 tonnes métriques, soit six jours seulement. Après réception de 2 700 tonnes, le total atteint 3 333 tonnes, équivalant à 33 jours de stock, avec une autonomie jusqu’au 5 mai. Rappelons que, pour mieux gérer ces stocks, avait indiqué Patrick Assirvaden, ministre de l’Énergie, le Central Electricity Board avait demandé aux producteurs indépendants d’augmenter légèrement l’utilisation du charbon afin de réduire la consommation d’huile lourde.

Selon le ministère du Commerce, une autre cargaison d’huile lourde est attendue dans les semaines à venir. Les 16 et 17 avril, le navire «MT Clean Thrasher» devrait débarquer environ 2 800 tonnes de HSFO 180 CC, 17 500 tonnes de HSFO 180 SR et 13 500 tonnes de HSFO 380 SR. Une autre cargaison, dont le navire reste à confirmer, devrait livrer environ 3 000 tonnes de HSFO 180 CC, 16 000 tonnes de HSFO 180 SR et 14 000 tonnes de HSFO 380 SR.

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