Ile Maurice: Farine subventionnée – Les boulangeries réfutent tout abus éventuel

Alors que le ministre du Commerce et de la protection des consommateurs a récemment soulevé des inquiétudes concernant le détournement de la farine subventionnée par la State Trading Corporation (STC), l’Association des propriétaires des boulangeries (APB) rejette fermement ces allégations. Son président, Nasser Moraby, affirme que le système d’approvisionnement est strictement encadré par la STC, rendant toute tentative d’abus pratiquement impossible.

Selon lui, depuis 2020, la STC dispose de toutes les données relatives aux quantités de farine achetées par chaque boulangerie. «Que vous achetiez directement auprès de la STC ou via un camionneur, vous devez obligatoirement soumettre un voucher. Depuis 2020, la STC possède toutes les informations concernant les achats de chaque boulangerie. Où pourrions- nous obtenir de la farine en surplus ?» s’interroge-t-il.

Il précise que le système fonctionne de manière claire : si une boulangerie achète moins que sa moyenne habituelle, cela ne pose aucun problème. En revanche, toute demande dépassant les volumes habituels déclenche automatiquement une enquête. «Si vous demandez plus de farine que d’habitude, là il y a un contrôle», explique le président de l’APB.


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Nasser Moraby souligne également qu’environ 36 boulangeries ont mis la clé sous la porte depuis 2023, ce qui a un impact direct sur les existantes. Lorsqu’une boulangerie cesse son activité, ses clients se tournent naturellement vers d’autres établissements. Ces derniers doivent alors augmenter leur production pour répondre à la demande accrue. Cependant, toute augmentation de la quantité de farine commandée attire immédiatement l’attention des autorités. «Si vous demandez plus de farine, une enquête est ouverte. Le boulanger n’y gagne rien et se retrouve parfois obligé d’acheter de la farine ailleurs, à un prix plus élevé», déplore-t-il.

Par ailleurs, Nasser Moraby affirme avoir soumis deux propositions de costing en vue d’une réévaluation du prix du pain maison :

  •  Rs 4,74, avec le retrait de tous les subsides ;
  •  Rs 4,02, avec le maintien de l’ensemble des subsides.

Ces propositions ont été transmises au comité ministériel concerné, qui devra les examiner afin de parvenir à un accord.Toute décision devra ensuite être validée par le Conseil des ministres.

Le débat autour de la farine subventionnée intervient dans un contexte économique difficile, marqué par la hausse des coûts d’exploitation et la pression sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Alors que les autorités cherchent à prévenir tout détournement des produits subventionnés, les boulangers affirment évoluer dans un cadre strictement contrôlé et dénoncent des soupçons qui, selon eux, ne reflètent pas la réalité du terrain.

Le dossier reste donc en discussion, dans un contexte où les autorités cherchent à protéger les consommateurs tout en tenant compte des difficultés financières rencontrées par les boulangers.

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