Ile Maurice: Exportations – Une année 2025 compliquée et des perspectives sous tension

Les exportations ont traversé une année 2025 difficile, selon le rapport Export Pulse de la Mauritius Export Association (MEXA) publié en mars. Elles ont diminué de 2,1 % par rapport à 2024, signe d’un recul observé dans plusieurs secteurs clés. La baisse est encore plus marquée chez les Export Oriented Enterprises (EOE), dont les ventes à l’étranger ont chuté de 3,7 % sur l’ensemble de l’année.

Une part importante de la baisse des exportations s’explique par les contre-performances dans la catégorie des produits alimentaires et des animaux vivants. Les exportations de sucre de canne ont notamment chuté de 13,1 % en 2025, en raison d’une baisse des prix sur le marché international. Après un léger rebond au troisième trimestre, les revenus à l’exportation ont de nouveau reculé au quatrième trimestre, dans le sillage du repli des prix mondiaux du sucre, selon le Food and Agriculture Organization Sugar Price Index.

De même, les exportations de poissons et de préparations à base de poisson ont diminué de 9,8 % en 2025, le secteur ayant connu une année globalement difficile. À l’inverse, les exportations de primates vivants ont progressé d’environ 17 % sur la même période, apportant un certain soutien à cette catégorie malgré un contexte global défavorable. Le secteur du textile et de l’habillement, l’un des piliers des exportations mauriciennes, a aussi traversé une année compliquée en 2025.


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Les ventes à l’étranger ont diminué de 6,5 %, impactées à la fois par les droits de douane américains liés aux tensions géopolitiques et par l’incertitude autour de l’avenir de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Dans l’ensemble, les résultats à l’exportation en 2025 mettent en lumière la vulnérabilité du secteur aux fluctuations des prix internationaux, aux incertitudes géopolitiques et aux évolutions des politiques commerciales, surtout pour les filières dépendant fortement d’un accès préférentiel aux marchés.

Les perspectives

Selon le Sectorial Trade Outlook de la MEXA pour le premier semestre de cette année, les exportations de poissons et de préparations à base de poisson devraient rester proches des niveaux de 2025, autour de 90 % des volumes précédents, les commandes confirmées auprès des principaux exportateurs soutenant les volumes malgré des prix internationaux plus bas. Le secteur du textile et de l’habillement devrait rester globalement stable, ou légèrement inférieur à la première moitié de l’an dernier.

Bien que l’AGOA ait été prolongée jusqu’en décembre prochain, la courte durée de cette extension limite la visibilité, ce qui incite les acheteurs à rester prudents dans leurs nouvelles commandes. Les exportations de produits non textiles, comprenant montres, articles optiques, bijoux, perles et pierres précieuses ou semi-précieuses, devraient se normaliser après la forte baisse enregistrée en 2025, liée à la fermeture d’une entreprise majeure.

Les ventes de primates vivants sont attendues comme étant stables cette année, le secteur ne devant pas être directement affecté par l’AGOA. Quant aux exportations d’équipements médicaux, ils devraient se maintenir au même niveau, soutenues par une demande stable sur les marchés clés.

Pour les mois à venir, la MEXA prévoit donc une stabilisation des exportations à court terme, tout en soulignant que la situation reste marquée par plusieurs incertitudes externes. Les tensions géopolitiques et les perturbations sur les routes maritimes pourraient entraîner une hausse des prix du pétrole, des coûts de fret et des dépenses énergétiques, ce qui affecterait la production, la logistique et la compétitivité des exportateurs.

Les perspectives demeurent également sensibles aux évolutions des politiques commerciales dans les marchés clés, en particulier l’avenir de l’AGOA, qui reste déterminant pour les exportateurs locaux, notamment dans le secteur du textile et de l’habillement.

Par ailleurs, la concurrence mondiale pourrait s’accentuer avec le renforcement des partenariats commerciaux des grandes économies, comme l’accord de libre-échange Inde-Royaume-Uni ou de possibles accords entre l’Inde et l’Union européenne, qui pourraient accroître la pression concurrentielle sur certains secteurs.

Importation en 2025 : hausse de 0,4 % sur l’année

Du côté des importations, elles ont légèrement augmenté de 0,4 % sur l’année, reflétant une demande intérieure relativement stable. Les produits pétroliers restent la première catégorie d’importation, représentant environ 21 % du total, et ont progressé de 3,2 %, en lien avec la demande continue en énergie à travers l’économie. De même, les importations de véhicules routiers ont augmenté de 4,1 %, soutenues par une forte activité en début d’année, avant de se ralentir au second semestre, une fois la demande normalisée après des achats anticipés liés à des changements de politique fiscale.

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