Ile Maurice: Entre inquiétude et réorganisation pour les marchands de légumes

Tout remonte au 16 mars dernier. Une annonce a semé le trouble parmi les marchands installés au jardin de Rivière-du-Rempart Garden. Informés qu’ils devraient quitter les lieux, ces hommes et ces femmes, qui pour la plupart travaillent sur place depuis plusieurs années, ont vu leur quotidien basculer. Depuis, l’inquiétude ne les quitte plus.

Quelque jours plus tard, le mardi 24 mars, ils étaient nombreux à s’être réunis dès la matinée. Par petits groupes, certains échangeaient à voix basse, d’autres exprimaient leur colère ou leur incompréhension. Tous avaient une même question : qu’allait-il advenir de leur gagne-pain ?

Le 16 mars, les marchands de légumes de Rivière-du-Rempart sur le terrain, inquiets pour leur avenir.

Car ici, il ne s’agit pas seulement de légumes posés sur des étals improvisés. Il s’agit de familles à nourrir, de factures à payer, d’une routine construite au fil des années. «Si nous devons partir, où irons-nous ?», avait lâché une marchande, visiblement stressée. Pour beaucoup, cet emplacement est stratégique : proche des banques, des commerces, d’un dispensaire et d’autres facilités essentielles, il garantit un passage régulier de clients.


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Face à cette tension palpable à Rivière-du-Rempart, une rencontre avec les autorités était très attendue. Le président du conseil de district de Rivière du Rempart, Lenine Aukhajan, s’est adressé aux marchands, tentant de rassurer.«Le district n’est pas là pour vous enlever votre travail. Nous comprenons que c’est ainsi que vous gagnez votre vie», a-t-il déclaré d’emblée. Un message destiné à apaiser des vendeurs à bout de nerfs après plusieurs jours d’incertitude.

Les marchands de Rivière-du-Rempart rencontrent le président, Lenine Aukhajan, pour discuter de leur avenir.

Mais très vite, il a aussi mis en avant les raisons derrière cette décision. Selon lui, certains jours, entre 15 et 20 marchands s’installent le long de la route, parfois sur les drains, pour vendre leurs légumes. Une situation qui, explique-t-il, ne peut pas continuer sans encadrement. «Il faut de l’ordre, de la discipline, mais aussi assurer la sécurité et la propreté pour tout le monde», a-t-il insisté.

Si les mots se veulent rassurants, la réalité reste délicate pour les marchands. Beaucoup disent comprendre la nécessité d’une meilleure organisation, mais redoutent de perdre leur principale source de revenus.

Un début de solution a néanmoins été avancé. Les autorités envisagent la mise en place d’un espace structuré et organisé pour accueillir les marchands dans de meilleures conditions. En attendant, ces derniers sont invités à se tourner vers le Rivière-du-Rempart Central Market, du lundi au vendredi, entre 6 h et 18 h.

Au-delà de cette solution temporaire, un projet plus ambitieux est évoqué. La construction d’un bureau de poste et d’un complexe polyvalent dans la région pourrait, selon les autorités, attirer davantage de visiteurs et offrir de nouvelles opportunités commerciales.

Un budget de Rs 9 millions a été sollicité auprès du gouvernement pour concrétiser ce projet. L’objectif affiché : créer un espace moderne, organisé, respectant les normes de sécurité et de propreté, avec des règles claires pour tous.

Les autorités assurent également que la priorité sera donnée aux habitants de Rivière-du-Rempart, dans un processus qui se veut équitable et transparent. Mais sur le terrain, les visages restent marqués par l’incertitude. Entre promesses et réalité, les marchands attendent désormais des actions concrètes. Car pour eux, au-delà des discussions et des projets, une seule chose compte : pouvoir continuer à travailler dignement et faire vivre leur famille.

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