Ile Maurice: Croissance timide pour les petits États insulaires en développement

Malgré une certaine résilience, l’économie mondiale avance dans l’incertitude. C’est ce qu’indique le rapport World Economic Situation and Prospects 2026, publié, en ce mois de janvier, par l’United Nations Department of Economic and Social Affairs (UNDESA), élaboré avec la contribution de plusieurs agences et commissions régionales des Nations unies.
Après avoir montré une certaine résistance l’année dernière, l’économie mondiale devrait connaître un léger ralentissement cette année, selon le rapport. La croissance mondiale, estimée à 2,8 % en 2025, devrait reculer à 2,7 % cette année, un rythme toujours inférieur à la moyenne observée avant la pandémie.
Les grandes économies développées, notamment l’Europe, le Japon et les États-Unis, devraient progresser de manière modérée, soutenues par des politiques monétaires plus souples. Certaines grandes économies en développement, comme la Chine, l’Inde ou l’Indonésie, continuent de bénéficier d’une demande intérieure solide. Mais les perspectives restent contrastées selon les régions, les pays à faible revenu restant particulièrement vulnérables aux chocs externes.
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En Afrique, la croissance devrait connaître une légère amélioration, atteignant 4 % en 2026, portée par une stabilité macroéconomique renforcée, des investissements en hausse et une demande des consommateurs plus dynamique, selon les données. Cependant, cette évolution doit tenir compte des niveaux d’endettement élevés de certains pays du continent, à une diversification économique limitée et à la baisse de l’aide publique au développement.
Les fluctuations de prix des matières premières, comme le pétrole ou les produits agricoles, ainsi que les incertitudes liées aux échanges commerciaux, pèsent toujours sur la performance économique de la région. Certaines économies exportatrices de matières premières bénéficient toutefois de revenus plus stables grâce à des contrats de long terme et à la diversification de leurs partenaires commerciaux.
Pour les petits États insulaires en développement (PEID), dont fait partie Maurice, les perspectives restent plus délicates. Après une reprise largement portée par le tourisme, la croissance devrait ralentir à 2,8 % cette année et en 2027. Ces économies restent particulièrement vulnérables aux chocs climatiques, à leur forte dépendance aux importations et à des marges de manœuvre budgétaires limitées.
La combinaison de ces facteurs rend la planification économique plus complexe et souligne l’importance de renforcer la résilience face aux aléas mondiaux et régionaux. Les cyclones, la montée du niveau des mers et les sécheresses prolongées peuvent perturber non seulement le tourisme et l’agriculture, mais aussi les chaînes d’approvisionnement et l’ensemble des services essentiels.
De plus, l’inflation mondiale, bien qu’en baisse, continue de peser sur le pouvoir d’achat. Estimée à 3,4 % l’année dernière, elle devrait ralentir à 3,1 % en 2026, en raison des prix de l’énergie et des denrées alimentaires plus stables.
Cependant, les ménages à faible revenu, les zones rurales et les femmes chefs de famille restent particulièrement touchés, souligne le rapport. L’érosion des revenus réels limite leur capacité à consommer, à investir dans l’éducation ou à lancer de petites entreprises, ce qui freine le développement local et exacerbe les inégalités.
Aléas mondiaux et régionaux
Quant au commerce mondial, après une expansion robuste en 2025, il devrait ralentir en 2026, avec une croissance estimée à 2,2 %. Cette modération reflète la fin des effets de front-loading liés aux droits de douane, mais aussi les tensions commerciales persistantes.
Cependant, de nouvelles opportunités émergent, tels que la digitalisation, le commerce régional et les investissements dans l’intelligence artificielle et les technologies propres permettent à certaines économies de mieux s’intégrer aux chaînes de valeur mondiales et d’attirer des flux d’investissements plus diversifiés.
Les investissements mondiaux restent globalement modérés, concentrés dans quelques grandes économies et secteurs technologiques. Certaines nations asiatiques enregistrent des gains solides grâce à l’exportation et au développement industriel, tandis que l’Afrique et l’Amérique latine connaissent une croissance plus faible, limitée par des conditions fiscales tendues et un accès restreint au financement.
Sur le marché du travail mondial, après le taux de chômage estimé à 5 % l’année dernière, une légère baisse est prévue à 4,9 % cette année. Mais les jeunes restent particulièrement vulnérables – un jeune sur cinq dans le monde n’est ni en emploi, ni en éducation, ni en formation. Les inégalités de genre dans l’emploi persistent et les personnes en situation de handicap continuent de faire face à de fortes barrières à l’embauche.
Face à ces défis économiques et sociaux, pour cette nouvelle année, le rapport fait ressortir l’importance d’une action collective renouvelée, notamment de renforcer le soutien international aux pays les plus vulnérables afin de mieux gérer l’endettement, d’élargir leur marge de manœuvre politique et de se protéger contre les chocs externes.
Le rapport insiste également sur la nécessité de financer le développement durable, de soutenir la transition énergétique, de renforcer le commerce multilatéral et de promouvoir des politiques d’inclusion sociale pour réduire les inégalités. Selon l’ONU, ces mesures sont essentielles pour garantir une croissance mondiale plus résiliente, durable et équitable, malgré l’incertitude qui persiste dans l’économie mondiale.



