Ile Maurice: Calendrier NC3 contesté – Le MITDEU veut ravoir sept semaines de congé

Le bras de fer s’intensifie entre le Mauritius Institute of Training and Development Employees Union (MITDEU) et la direction du Mauritius Institute of Training and Development (MITD).
Dans une correspondance officielle adressée à l’Officer in-Charge (OIC), le syndicat exprime sa «plus vive objection» au calendrier de formation amendé pour 2026 concernant les programmes NC3, dénonçant une série de décisions jugées «unilatérales et préjudiciables» pour les employés comme pour les apprenants. Au coeur de la contestation : la réduction des congés scolaires, passés de sept à trois semaines. Une décision que le syndicat qualifie «d’arbitraire», dénonçant l’absence de consultation préalable, de justification claire ou de base légale.
Selon Hemandar Kumar Madhow, président du MITDEU et Assistant Manager au MITD, cette modification constitue une «atteinte aux droits acquis». Le syndicat invoque notamment le principe de «légitime attente», reconnu en droit administratif, estimant que le maintien de sept semaines de congé sur plusieurs années – y compris durant la pandémie de Covid-19 – a créé un précédent solide. «Cette pratique constante ne peut être remise en cause pour des raisons de convenance administrative ou pour pallier des défaillances de gestion», soutient-il dans la lettre.
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Autre point de discorde : la date officielle du début des cours. Alors que la Training Division affirme que les formations ont débuté le 26 janvier dernier, le MITDEU donne une autre version. Selon les informations recueillies par le syndicat auprès de plusieurs centres, de nombreux cours n’auraient réellement commencé qu’à partir du 9 février, certains même vers la fin février ou en mars, en raison d’un faible taux d’inscription initial.
Le syndicat dénonce ainsi une «présentation erronée des faits», estimant que cette date avancée sert aujourd’hui à justifier un calendrier compressé. Une situation qui risque de compromettre la qualité de l’enseignement. «En imposant des délais irréalistes, on pousse les formateurs à accélérer ou à écourter le contenu pédagogique, au détriment des normes établies par les concepteurs de programmes», souligne le président du MITDEU.
Revendications salariales en suspens
En parallèle, le syndicat met en avant un autre point de friction : l’application des ajustements salariaux post-PRB, notamment la recommandation 49.20. Le MITDEU estime que certains employés sont lésés, dénonçant une interprétation jugée «restrictive» des dispositions officielles.
Le syndicat formule trois exigences principales : le rétablissement immédiat des sept semaines de congé pour les programmes NC3, l’ouverture de négociations formelles sur le calendrier de formation ainsi que sur l’application des mesures salariales postPRB, et une reconsidération du management au sein de la Training Division. Le MITDEU fixe par ailleurs une échéance au 2 avril pour obtenir une réponse «positive et substantielle».À défaut, il envisage une mobilisation progressive, débutant par une marche symbolique, le 8 avril, devant le MITD House, suivie de sit-in hebdomadaires dans les centres de formation à travers le pays.
Le MITD a répondu. «Le démarrage des cours du niveau NC3 au MITD, habituellement prévu lors de la deuxième semaine de janvier, a connu un léger report cette année. En cause : le retard dans la proclamation des résultats des filières Grade 9 NCE et Foundation Programme9et 9+ (FPLNS), ayant entraîné un décalage des inscriptions, traditionnellement effectuées en novembre et décembre. Celles-ci ont été complétées entre décembre et janvier, repoussant ainsi la rentrée du 12 au 26 janvier.»
Face à cette contrainte, la direction a fait le choix de maintenir un calendrier pédagogique basé sur 45 semaines de forma- tion, réparties sur deux semestres. «Une décision assumée, visant à garantir la couverture complète des programmes et le maintien des standards académiques. Les retours des centres de formation mettent en lumière les besoins spécifiques des apprenants, notamment issus de la filière FPLNS, qui nécessitent un encadrement renforcé.» Réduire la durée de formation pourrait, selon la direction, compromettre leur progression et leurs chances de réussite aux examens.
Par ailleurs, il est précisé que l’élaboration du calendrier scolaire ne fait pas l’objet de consultations syndicales dans la pratique actuelle. Une réunion de travail est prévue lundi afin de discuter du calendrier tandis que d’autres rencontres avec les syndicats reconnus sont annoncées autour de la mise en oeuvre du PRB.


