Guinée: 18 mois après leur enlèvement, «les anniversaires se succèdent sans nouvelles» de Menguè et Bah

Dix-huit mois pile après l’enlèvement à Conakry de deux figures de la société civile guinéenne, Foniké Menguè et Billo Bah, l’un de leurs avocats réaffirme la pertinence de la plainte déposée il y a plus d’un an en France pour disparition forcée. « On a vu ces derniers mois de nouveaux enlèvements, de nouvelles arrestations » en Guinée, souligne Maître Vincent Brengarth.

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Cela fait un an et demi, ce 9 janvier 2026, que Foniké Menguè et Billo Bah, deux leaders de la société civile, ont été enlevés à leur domicile de Conakry le 9 juillet 2024. Depuis 18 mois, le dossier judiciaire n’avance ni en Guinée, ni en France. Maître Vincent Brengarth, avocat des deux disparus, souligne : « Malheureusement, les anniversaires se succèdent et nous n’avons toujours pas plus de nouvelles sur leur disparition, ce qui évidemment ne vient qu’augmenter l’inquiétude. »

Il poursuit : « À partir du moment où un certain nombre d’éléments convergent vers l’idée que Mamadi Doumbouya [le président guinéen, NDLR] aurait la nationalité française – ce qui par conséquent le rendrait parfaitement justiciable devant nos juridictions – on concentre nos efforts sur la justice française, parce que, selon nous, elle est dotée des éléments qui lui permettent de pouvoir mener des investigations. Et aucun élément ne nous permet d’avoir suffisamment confiance, compte tenu du caractère politique de ce dossier, concernant les juridictions guinéennes. »

« Le regard judiciaire doit se tourner en-dehors de la Guinée »

L’avocat assure : « On a au contraire vu ces derniers mois de nouveaux enlèvements, de nouvelles arrestations qui ne peuvent au contraire que convaincre du fait que le regard pertinent d’un point de vue judiciaire, doit se tourner en-dehors de la Guinée. »

Une plainte pour disparition forcée contre le colonel Mamadi Doumbouya, qui a pris le pouvoir en Guinée après le coup d’État en 2021 et a été élu suite au scrutin du 28 décembre 2025, avait été déposée en France par les familles de Foniké Menguè et de Mamadou Billo Bah. Ladite plainte avait été déposée le 22 juillet 2024 par les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth. Ces derniers avaient été constitués par Hawadjan Doukouré et Assiatou Bah, épouses respectives de Foniké Menguè et de Mamadou Billo Bah. Pour les avocats, les éléments de preuve annexés à la plainte « sont de nature à convaincre de la responsabilité de la junte militaire », qui était dirigée par Mamadi Doumbouya.

Le 9 juillet 2024, en pleine nuit, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, deux des principaux dirigeants du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), avaient été brutalement arrêtés au domicile du coordinateur national du mouvement. Ils auraient été brutalisés, voire torturés, selon le témoignage d’un de leurs codétenus, désormais libre. Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah sont quant à eux toujours portés disparus.

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