Guerre au Moyen-Orient: l'impact sur l'importation d'engrais et d'aliments en Afrique

La fermeture du détroit d’Ormuz bouleverse le commerce international. Des répercussions qui vont se faire ressentir également sur le continent africain, notamment sur les marchés agricoles et alimentaires avec des problématiques d’importation d’engrais et de céréales, détaille, dans une analyse, le cabinet de conseil spécialisé Global Sovereign Advisory.

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Près d’un quart de la consommation des engrais azotés était issu des pays du Golfe en 2024. Du Kenya à l’Afrique du Sud, cette proportion atteint même 30% à 50% des fertilisants importés. Un enjeu encore plus critique pour le Malawi et le Burundi qui importent respectivement 61,6% et 75,4% de leurs engrais des pays du Golfe.

Du côté du Maroc, premier producteur et exportateur mondial d’engrais phosphatés et premier fournisseur d’Afrique, c’est la même problématique. Sa production locale est dépendante du soufre émirien et de l’ammoniac saoudien.

L’Égypte, l’Algérie et le Nigeria, substituts potentiels

Cependant l’Égypte, l’Algérie et le Nigeria utilisent le gaz naturel produit localement pour la fabrication d’engrais. Ils pourraient donc – au moins en partie – se substituer dans l’approvisionnement africain.

La fermeture du détroit d’Ormuz, si elle perdure, pourrait entraîner la hausse de certaines denrées importées en Afrique. Du fait de la hausse des prix des engrais qui augmente les coûts des pays producteurs contraints de freiner leur production, certains « États restreignent même leurs exportations pour protéger leur marché intérieur ». Le riz et le blé pourraient être particulièrement concernés, selon Global Sovereign Advisory.

S’ajoutent à cela la hausse du carburant agricole et des tarifs du fret maritime qui pourrait « peser sur les importations alimentaires africaines ».

La fermeture du détroit d’Ormuz est vraiment dangereuse pour l’approvisionnement en pétrole et en énergie. Mais elle pose également un problème pour les engrais. Et s’il y a une pénurie d’engrais cette année, il y aura aussi une pénurie alimentaire l’année prochaine. Nous devons donc absolument faire davantage pour maintenir le prix du pétrole bas sur le marché mondial, car cela a des répercussions sur tout. Et sur l’alimentation également, car via le détroit d’Ormuz, l’approvisionnement alimentaire est tout aussi préoccupant. Et comme je l’ai dit, les engrais.

Kaja Kallas: «Si le détroit est bloqué et que les engrais ne passent pas, il y aura également des pénuries alimentaires en Afrique»

Pierre Benazet

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