Grands Lacs: comment la Zambie peut s’imposer comme un autre acteur clé?

La réunion des ministres de la Défense de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) se tient ce samedi à Livingstone, en Zambie. Elle est convoquée pour examiner la situation humanitaire et sécuritaire dans l’Est de la RDC. Les efforts de paix engagés jusqu’ici n’ont pas permis d’amélioration concrète sur le terrain. Les hostilités se poursuivent et aucun cessez-le-feu effectif n’est encore en place. Dans ce contexte, la Zambie est appelée à s’impliquer davantage et à jouer un rôle dans les mois à venir.
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La Zambie peut aujourd’hui jouer un rôle stratégique au sein de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). D’abord par son implication de plus en plus importante dans cette organisation, qui repose sur le principe de non-agression entre les États de la région.
Ensuite, sur le plan institutionnel, le nouveau secrétaire exécutif de la CIRGL est zambien : le docteur Mubita Luwabelwa. Autre poste clé : le coordonnateur du Centre conjoint de fusion des renseignements de la CIRGL est, lui aussi, zambien. Ce centre est chargé de collecter des renseignements sur les groupes armés et les forces négatives, et de lutter contre le terrorisme ainsi que contre l’exploitation illégale des ressources naturelles.
La Zambie est également appelée à jouer un rôle central sur le plan sécuritaire. Selon la décision prise lors du dernier sommet des chefs d’État de la CIRGL, le nouveau commandant du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE), sera zambien. Or, le MCVE est chargé de surveiller et d’enquêter sur les incidents de sécurité dans la région des Grands Lacs. Son opérationnalisation impliquera de fait une influence directe de Lusaka.
Un besoin de moyens concrets pour l’organisation
Le MCVE est appelé à devenir le cœur du dispositif de surveillance du cessez-le-feu conclu à Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23, ainsi que de celui conclu à Washington entre Kinshasa et Kigali, un rôle confirmé dans le nouveau mandat de la Monusco. Mais pour que ces mécanismes fonctionnent réellement, un engagement effectif des États membres est indispensable. Il s’agit de doter la CIRGL de moyens concrets.
Il faut aussi un engagement politique fort de la Zambie, dans un contexte où les forces régionales de l’EAC et de la SADC ont tout de même échoué dans l’Est de la RDC.



