Grand barrage de la Renaissance: Donald Trump propose à l'Égypte sa médiation

Le président américain propose de relancer des négociations entre l’Égypte et l’Éthiopie, au sujet du Grand barrage de la Renaissance (GERD). Donald Trump a publié, vendredi 16 janvier, sur son réseau social, Truth Social, une lettre adressée au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

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Avec notre correspondante à Nairobi, Gaëlle Laleix

Inauguré en septembre, le Grand barrage de la Renaissance se trouve sur le Nil Bleu, dans l’ouest de l’Éthiopie, en amont du fleuve vital pour l’Égypte et le Soudan. En proposant sa médiation, Donald Trump espère apaiser les tensions régionales. Dans sa lettre, le président américain l’assure. La question du partage des eaux du Nil, se place « tout en haut de son agenda ».

Donald Trump ne veut pas « que ce différend dégénère en conflit militaire majeur entre l’Égypte et l’Éthiopie », écrit-il. Le président américain le reconnaît : « Un seul État ne peut pas contrôler unilatéralement les ressources du Nil, au désavantage de ses voisins. » Il mise donc sur une expertise technique et la supervision des États-Unis, pour parvenir à un compromis et, pourquoi pas, demander à l’Éthiopie de « donner ou vendre » l’électricité générée par le barrage à l’Égypte et au Soudan, suggère-t-il.

Cette lettre a été transférée à Addis-Abeba et Khartoum ainsi qu’à des puissances influentes comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Une proposition accueillie favorablement par l’Égypte et le Soudan

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a salué samedi la proposition de Donald Trump. « J’apprécie l’attention portée par le président Trump à l’importance capitale de la question du Nil pour l’Égypte », a déclaré le président égyptien sur son compte X, soulignant son souhait de « coopérer » avec les pays riverains du fleuve « sans nuire à aucune partie ».

Le Soudan a accueilli « favorablement » l’initiative du président américain « pour trouver des solutions durables et satisfaisantes qui préservent les droits de tous », a déclaré samedi sur X le dirigeant de facto du pays, le général Abdel Fattah al-Burhan.

Pour l’heure du côté d’Addis-Abeba, c’est silence radio. En 2019, Donald Trump avait déjà tenté une médiation sur ce sujet, sans succès, rappelle notre correspondante régionale, Gaëlle Laleix.

« C’est la deuxième fois que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi sollicite l’intervention de Donald Trump sur ce dossier », commente sur X le chercheur Cameron Hudson du Centre pour les études internationales et stratégiques. L’Éthiopie avait alors perçu le président américain comme partial. Cette lettre sera lue à Addis-Abeba avec « un fort sentiment de déjà-vu », conclut-il.

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Inauguré le 9 septembre 2025, ce plus grand barrage d’Afrique, long de 1,8 kilomètre et haut de 145 mètres, doit doubler la production électrique de l’Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique où près de la moitié des habitants n’ont pas accès à l’électricité. Mais l’Égypte, située en aval du Nil, craint un tarissement de ses ressources en eau vitale pour son agriculture.

La médiation amorcée par les États-Unis en 2019 s’était soldée par un échec.

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