Ghana: Le débat sur les réparations liées à l'esclavage suscite des réactions partagées

Au Ghana, le débat sur les réparations liées à l’esclavage reste vif. Une semaine après la reconnaissance par l’ONU de la traite transatlantique comme le crime le plus grave contre l’humanité — une initiative portée par Accra — les réactions restent partagées. Entre soutien au principe, scepticisme sur son impact concret et interrogations politiques, la question continue de diviser.

Dans les rues d’Accra, les avis sont loin d’être unanimes. Baba Amanba, agriculteur, se montre sceptique quant à l’impact concret des réparations sur la vie des Africains : « Je ne me sens pas vraiment concerné par ce débat et je ne pense pas que ces réparations auront un impact positif sur la vie des Africains ordinaires. »

D’autres soutiennent pleinement le principe, estimant qu’il est légitime, au regard des souffrances subies. Fonctionnaire, Richard Kofi Boahen milite notamment pour la restitution des objets culturels: « Pendant la traite négrière, on nous a dépouillés de nos objets, de nos symboles, de ce qui représentait l’Afrique. Ils ont tout pris. Et aujourd’hui encore, certains pays, comme le Royaume-Uni, parlent de « prêter » ce qu’ils ont volé. C’est injuste. Ces biens doivent être rendus. »


Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Le Royaume-Uni, comme la France et l’Argentine, s’est abstenu lors du vote. Une position incompréhensible pour Aduanaba Okyere, étudiant en journalisme : « C’est très surprenant parce qu’on ne sait pas s’ils sont pour ou contre. Mais ils ne se sont même pas impliqués dans le vote et je pense qu’ils doivent des explications à leurs citoyens. »

En toile de fond, un débat plus sensible agite l’opinion.

Certains en effet estiment que l’Afrique ne serait pas légitime à réclamer réparation, en raison du rôle joué par certains Africains dans l’esclavage, une position vivement contestée par le président John Dramani Mahama qui rappelle la brutalité et l’ampleur de la traite transatlantique et qui n’hésite pas à la comparer à d’autres crimes historiques majeurs, comme la shoah.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close