Ghana: après des années chaotiques, le secteur pétrolier va-t-il connaître un second souffle?

Après quatre ans d’arrêt, la seule raffinerie de pétrole publique du Ghana a finalement recommencé ses activités en décembre 2025. Une annonce précédée plus tôt dans l’année par des promesses d’investissements chiffrées à plus de trois milliards de dollars dans l’exploration et le forage. Au cœur de la stratégie de l’administration de John Dramani Mahama : la reconstruction de la confiance avec les géants du secteur, après des années de déclin.

De notre notre correspondant à Accra,

Un rendement en mesure de couvrir 40% des besoins en carburant du Ghana : voici ce que devrait permettre de produire la raffinerie de pétrole de Tema, selon les estimations de Kodzo Yaotse, responsable pétrole et énergie conventionnelle à l’Africa Centre for Energy Policy. De quoi soulager les finances du pays – le carburant représentant le premier poste d’importation du Ghana –, mais pas seulement.

« C’est une très bonne nouvelle pour sa contribution à la sécurité énergétique du pays, spécifiquement en réduisant la dépendance énergétique en importation de produits raffinés. Mais également dans la constitution de réserves stratégiques de carburants essentiels à un niveau national », explique Kodzo Yaotse.

D’une production de 28 000 barils raffinés par jour, la raffinerie de Tema espère presque doubler sa production dans un futur proche. Encore faut-il, selon Kodzo Yaotse, que la seule raffinerie administrée par l’État ghanéen ne retombe pas dans les travers qui ont conduit à sa fermeture, quatre ans plus tôt : « Accumulation de dettes chroniques, exposition à la volatilité des prix du pétrole brut, manque de devises étrangères ou encore mauvaise gestion généralisée au sein de l’entreprise… Depuis la reprise en main par le nouveau gouvernement, nous n’avons pas vu de stratégie accessible au public qui montre que ces problèmes ont été résolus de manière durable. »

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« La rhétorique doit être suivi d’actes »

En plus de l’arrêt de la raffinerie de Tema, le Ghana a par ailleurs connu, ces huit dernières années, une absence d’investissements majeurs dans l’exploration et le forage de pétrole brut. Des erreurs stratégiques auraient été commises par la précédente administration. « Ce qu’ils essayaient de faire, c’était d’optimiser les gisements en déclin, beaucoup moins de mener de nouvelles explorations. Donc d’exploiter la ressource jusqu’à la dernière goutte plutôt que de la faire grandir », avance Bright Simons, analyste au think tank ghanéen Imani.

Résultat : la production de pétrole brut n’a fait que décliner depuis cinq ans, passant de 71 millions de barils environ en 2019 à seulement 48 millions en 2024. Une trajectoire que le président actuel du Ghana, John Dramani Mahama, entend bien changer. En septembre 2025, le gouvernement ghanéen a par exemple annoncé la signature d’un mémorandum d’intention de 1,5 milliard de dollars avec la major italienne ENI. Mais, d’après Bright Simons, le chemin est encore long avant de pouvoir en tirer réellement profit :

« La rhétorique doit être suivie d’actes. Aujourd’hui, il y a un manque de coordination au niveau gouvernemental qui doit être adressé afin de pouvoir provoquer de réelles débouchées commerciales, et ainsi attirer encore plus d’investissements. »

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