Génocide des Tutsis: la justice française se prononcera le 6 mai sur le non-lieu rendu pour Agathe Habyarimana

L’audience qui devait se tenir ce mercredi 8 avril à Paris, au lendemain de l’ouverture des commémorations annuelles du génocide des Tutsis au Rwanda, a été repoussée au 6 mai. La cour d’appel de Paris a demandé la prorogation du délibéré concernant l’ordonnance de non-lieu et le rejet d’actes complémentaires, dont a bénéficié Agathe Habyarimana en août 2025. Le parquet et le collectif des parties civiles pour le Rwanda ont fait appel de cette décision, qui vise à clore définitivement une procédure débutée il y a près de vingt ans contre la veuve de l’ancien président Juvénal Habyarimana.
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Le parquet et les parties civiles estiment que de nombreux éléments ont été écartés par les magistrats qui ont conclu il y a quelques mois qu’il « n’existe pas de charges suffisantes » contre Agathe Kazinga. Leur ordonnance de non-lieu présente même l’ancienne première dame « non pas comme auteure du génocide, mais bien comme une victime » de l’attentat mortel contre l’avion de Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, signal déclencheur du génocide des Tutsis au Rwanda.
Un « dossier vide » ?
Alors que la défense pointe un « dossier vide » et un non-lieu attendu, le parquet et les parties civiles soutiennent qu’Agathe Habyarimana a pris une part active à la préparation du génocide, et à sa mise en œuvre. Selon les associations de victimes, l’ex-première dame était l’une des dirigeante de l’« Akazu », le premier cercle du pouvoir hutu – dont l’existence même est remise en cause par l’ordonnance de non-lieu.
Des liens passés sous silence
Les liens entre Agathe Habyarimana et le mercenaire français Paul Barril avant et pendant le génocide des Tutsis n’ont pas été mentionnés par les magistrats – auxquels le parquet national anti-terroriste reproche d’avoir écarté un certain nombre de témoins clés dans cette affaire.
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