Génocide des Tutsis au Rwanda: le procès en appel de Claude Muhayimana s'ouvre à Paris

Claude Muhayimana est de retour devant la justice française. Son procès en appel pour complicité de génocide et crimes contre l’humanité s’ouvre ce mardi 3 février 2026 devant la cour d’assises de Paris. En première instance, ce Franco-Rwandais, ancien chauffeur à Kibuye, dans l’ouest du pays, avait été reconnu coupable de ces deux chefs d’accusation et condamné à 14 ans de prison. Il est accusé d’avoir volontairement transporté des miliciens Interahamwe, bras armés du régime génocidaire hutu, sur des lieux de massacres de Tutsis. Ce qu’il conteste.

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Ni homme politique, ni religieux, ni militaire. Claude Muhayimana a été le premier « homme ordinaire », selon les mots de son avocat, jugé en France pour sa participation présumée au génocide des Tutsis au Rwanda.

À l’issue de ce premier procès fin 2021, l’ancien chauffeur de maison d’hôte a été reconnu coupable de complicité de génocide et complicité de crimes contre l’humanité pour avoir transporté des gendarmes et des miliciens Interahamwe à Kibuye, en bordure du lac Kivu, et dans les collines de Karongi, Gitwa et Bisesero, où des dizaines de milliers de Tutsis ont été tués. Il a en revanche été relaxé concernant d’autres lieux.

Transport de miliciens

Bien qu’ « homme ordinaire », Claude Muhayimana a été « un acteur du génocide » et un « rouage indispensable » qui a agi en connaissance de cause selon l’accusation. En première instance, des témoins ont notamment assuré l’avoir vu transporter des miliciens qui chantaient « exterminons-les » en brandissant des machettes.

Claude Muhayimana a, lui, soutenu qu’il n’était pas présent à Kibuye au moment de certains massacres, et ses avocats qui ont dénoncé « le manque de crédibilité » des témoignages et « l’absence de preuves », ont aussi plaidé la contrainte : sa femme d’alors étant Tutsi, il aurait été forcé – selon eux – « de donner des gages minimum comme conduire des interhamwe » pour lui sauver la vie. Mais la cour d’assises n’avait pas retenu la contrainte, et l’avait condamné à 14 ans de prison. 

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Mardi 3 février, dans la matinée, pour le premier jour d’audience, Claude Muhayimana est rentré dans une salle d’audience à moitié vide, en boîtant. Lui qui se dit « fatigué » et malade a ensuite posé sa veste en cuir sur sa chaise, et s’est assis, un bloc de feuilles bien alignées posées devant lui – probablement ses notes, qu’il a méticuleusement relues en attendant le début de l’audience.

À 65 ans, ce fils d’une mère tutsie et d’un père hutu, dont il hérité identité ethnique, risque donc la perpétuité. Le procès durera quatre semaines et doit se tenir jusqu’au 27 février. Certains témoins viennent directement de Kigali, d’autres ont annulé leur présence par craintes de sécurité, selon la cour.

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