Gabon: «Mon fils et moi avons été torturés», assure l'ex-première dame Sylvia Bongo à France 24

Sylvia Bongo s’est exprimée pour la première fois depuis la fin de sa détention, vendredi 6 mars, dans une interview accordée à nos confrères de France 24 à Londres où elle vit en exil. Sylvia Bongo a répondu aux questions de Marc Perelman, sur le coup d’État qui a renversé son époux Ali Bongo en aout 2023, sur le déroulement des jours qui ont suivi ainsi que les poursuites engagées contre elle. L’ex-première dame du Gabon, qui a pu quitter le pays en mai dernier, accuse les nouvelles autorités gabonaises de détention arbitraire et de tortures.
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Sylvia Bongo raconte les premiers moments du coup d’État qui a renversé Ali Bongo puis les jours qui ont suivi. L’ancienne première dame affirme que son fils Noureddine et elle ont été torturés. « Ils m’ont attaché les pieds et les mains et m’ont jeté de l’eau froide. Ils m’ont amené mon fils qui était dans un état épouvantable. Ils le tapaient et moi, ils m’avaient attaché les mains. Ils m’ont mis un scotch pour ne pas que je crie. Ils l’ont tapé et étranglé avec un bâton. Puis, ils ont commencé à m’étrangler. Et là, ils m’ont dit : « Si tu ne veux pas qu’on te tape, si tu ne veux pas qu’on tape ton fils, signe ». Et là, j’ai signé tout ce qu’ils voulaient », explique-t-elle.
Après l’AVC du président, a-t-elle de fait dirigé le pays, comme certains l’affirment ? « En 14 ans, j’ai dû aller trois fois au bureau de mon mari. Je vous le dis franchement, je ne comprends rien à la politique et surtout pas à la politique gabonaise. Je ne m’en suis jamais mêlée. Qu’ils m’amènent un décret, un document signé de ma main ou un document où j’ai imité la signature de mon mari », accuse-t-elle.
Accusés de détournements de fonds
Après 20 mois en détention, ils ont été remis en liberté provisoire en mai dernier, puis autorisés à quitter le pays. Au Gabon, elle et Noureddine Bongo ont été condamnés, en leur absence, à 20 ans de prison pour détournements de fonds en novembre dernier. « Là aussi qu’ils donnent la preuve. Qu’on me l’amène, je n’attends que ça. C’est pour ça que nous sommes dans les juridictions internationales, pour que la vérité soit faite », termine-t-elle.
Sylvia Bongo assure qu’elle ne retournera jamais au Gabon.
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