Gabon: l’opposant Bilie-By-Nze dénonce la coupure des réseaux sociaux et saisit la justice

L’ancien Premier ministre et actuel opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze a annoncé saisir la justice du Gabon pour s’opposer à la coupure des réseaux sociaux dans son pays qui dure depuis le 18 février. « La Haute autorité de la communication agit de manière manifestement illégale et anticonstitutionnelle », accuse-t-il.

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Au Gabon, cela fait deux semaines que les réseaux sociaux sont coupés par décision de la Haute autorité de la communication (HAC), qui a dénoncé des dérives en ligne et des risques pour la stabilité du pays. Cette décision a d’importantes conséquences économiques et sociales.

Et pour l’opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze, elle est manifestement illégale et inconstitutionnelle. Le leader du parti Ensemble pour le Gabon a saisi ce 3 mars 2026 le Tribunal de première instance de Libreville via une procédure de référé pour faire cesser ce qu’il qualifie d’atteinte grave aux libertés fondamentales.

« Nous avons choisi de saisir le Tribunal de première instance de Libreville parce que, pour nous, ce qu’a fait la HAC au Gabon est une voie de fait, parce que ça ne repose sur aucune base légale, accuse-t-il au micro de François Mazet. Et lorsqu’il s’agit de restreindre les libertés, il faut au moins avoir une décision du tribunal, une décision du juge. Mais là, fait de manière aussi massive et de cette façon-là, ils n’avaient aucune autorité pour, ni dans la Constitution, ni dans la loi sur la HAC, ni dans aucun texte gabonais ».

Il poursuit : « La HAC agit de manière manifestement illégale et anticonstitutionnelle. La Constitution gabonaise actuelle fait de la liberté le principe. Nul ne peut non plus priver tout un peuple des moyens de communication. Ce n’est pas possible. Les réseaux sociaux, aujourd’hui, sont un moyen de communication, de communication publique, de communication privée, de communication professionnelle. On ne peut pas restreindre cela. »

« On ne peut pas punir tout un peuple par une décision aussi inique »

L’ancien Premier ministre conclut : « S’il s’agit de réguler un contenu, on régule un contenu. Et il y a la justice qui est là pour cela. Si quelqu’un a violé la loi, il en répond. Mais on ne peut pas punir tout un peuple par une décision aussi inique. » Alain-Claude Bilie-By-Nze qui dénonce par ailleurs la suppression de ses comptes certifiés sur Facebook. C’est la deuxième fois en quatre mois. Il annonce une prochaine procédure contre Facebook France.

Les autorités gabonaises ont fait couper le 18 février dernier plusieurs réseaux sociaux, dont Facebook et TikTok, accusés de porter atteinte à la « stabilité » et la « sécurité » du pays, une mesure décrite par la présidence gabonaise comme « temporaire » en vue de « légiférer » et « encadrer » leur usage.

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