Frontière maritime entre le Ghana et le Togo: Accra décide d'avoir recours à un arbitrage international

Invoquant huit années de négociations en vain, le Ghana a annoncé vendredi 20 février mettre fin aux pourparlers qu’il menait avec Lomé pour tenter de résoudre le litige qui oppose les deux pays sur le tracé de la frontière séparant leurs eaux territoriales. Accra a décidé de porter l’affaire devant le tribunal international du droit de la mer.
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Avec notre correspondant à Accra, Victor Cariou
La présidence du Ghana l’a annoncé dans un communiqué publié vendredi 20 février : dans le litige qui l’oppose au Togo à propos de la délimitation de la frontière qui sépare leurs eaux territoriales, Accra a décidé de mettre fin aux négociations avec Lomé et d’avoir recours à un arbitrage international, « conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer ». Les autorités ghanéennes entendent ainsi « éviter une escalade dans les incidents responsables des tensions créées entre certaines institutions » des deux pays.
La décision ghanéenne s’appuie sur le fait qu’aucun accord sur ce conflit vieux d’un demi siècle n’a pu être trouvé à l’issue des huit années de pourparlers engagés par les deux voisins. Les discussions avaient commencé en 2018 avec la création d’un premier comité. Sa mise sur pied avait découlé de la contestation de la légitimité de la frontière alors en vigueur – un héritage de la période coloniale – par le Togo.
Précédent ivoirien
S’en étaient suivies de nombreuses réunions qui se sont toutes soldées par un échec, Lomé refusant notamment en 2021 la proposition du Ghana, qui exploitait déjà une partie de la zone contestée, de mettre en place une frontière provisoire. Si une rencontre entre les chefs d’État togolais et ghanéen s’était déroulée l’année suivante, aucune avancée majeur ne semble avoir eu lieu depuis.
Avant le Togo, une dispute similaire avait opposé le Ghana à la Côte d’Ivoire jusqu’en 2017. Le Tribunal international du droit de la mer avait alors fini par trancher le litige en donnant gain de cause à Accra.



