Frontière maritime entre le Ghana et le Togo: à son tour, Lomé se dit prêt à un arbitrage international

Une semaine après la décision prise par le Ghana de saisir les instances internationales pour trancher le litige concernant le tracé de sa frontière maritime avec le Togo, Lomé a répondu à Accra vendredi 27 février. À leur tour, les autorités togolaises se sont dit prêtes à aller devant les juridictions internationales pour défendre leurs intérêts.
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La question de la frontière maritime entre le Ghana et le Togo sera bientôt portée devant les instances internationales. Alors qu’après huit années de négociations sans avancée, Accra a annoncé le 20 février dernier son intention de saisir le tribunal international du droit de la mer, Lomé a réagi ce vendredi 27 février en « pr[enant] acte » de cette décision et en se disant prêt à « défendr[e] ses intérêts dans la sérénité et le respect du droit international ».
« Le gouvernement togolais demeure profondément attaché à l’intégrité territoriale et aux principes internationaux. La République togolaise a toujours privilégié le dialogue dans un esprit de stabilité régionale. Les autorités togolaises aborderont cette procédure avec responsabilité, sérénité et esprit d’ouverture », a ainsi déclaré, face à la presse, le ministre togolais de l’Administration territoriale, Awaté Hodabalo, qui a aussi concédé que la démarche du Ghana était « légitime ».
Huit années de négociations sans succès
Vieux de plus de 50 ans, le litige entre les deux pays portant sur leur frontière maritime est un héritage de la période coloniale. Si un comité avait été créé en 2018 pour tenter de le régler à la suite de la contestation du Togo, les différentes réunions qui ont eu lieu à Lomé et à Accra sur le sujet se sont soldées par un échec, tout comme la proposition faite par le Ghana en 2021 de mettre en place une frontière provisoire alors que le pays exploitait déjà un bloc pétrolier dans la zone disputée.
Les Nations unies, quant à elles, avaient proposé une démarcation technique basée sur des calculs géométriques précis, mais le Togo l’a refusée, s’estimant désavantagé par ce tracé. La frontière ainsi proposée « réduirait [les] potentialités maritimes » du pays, avait affirmé le négociateur en chef togolais, Noupokou Damipi. Pour les deux pays, la délimitation de cette frontière comporte des enjeux économiques majeurs puisqu’elle délimite la zone d’exploitation de leurs ressources naturelles.
L’arbitrage se fera donc sous le couvert de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
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