Francophonie: à la rencontre de la poétesse congolaise Do Nsoseme

Direction Kinshasa à la rencontre de Do Nsoseme, poétesse. C’est l’une des voix les plus marquantes de la scène slam en RDC. Elle est à la fois militante féministe et passionnée des belles-lettres. Portrait.

De notre correspondante à Kinshasa,

« Je suis fille. Je suis fille du pays des gens sans papiers, des gens sans papiers pour coucher leurs histoires », déclame Do Nsoseme. Elle se rappelle avoir découvert la poésie sur les bancs de l’école. « C’est pendant un cours de français, avec mon professeur de français, et vraiment, il nous avait lu un poème et c’était trop beau. Je ne me rappelle pas de ce poème, mais j’avais tellement aimé que j’ai gardé ce nom, Pierre de Ronsard. »

Une passion des vers et des rimes qu’elle cultive aussi en famille, avec des parents passionnés de Lettres. Elle se délecte des textes de Ronsard, Rimbaud, mais aussi de Senghor et Bolamba : « La langue française et moi, c’est une histoire d’amour. J’aimais beaucoup les jeux de mots, comment ça pouvait sonner, les figures de style. Je trouvais que c’était très agréable d’utiliser la langue pour dire des choses. Je me disais : « Waouh, c’est très intéressant. » »

De la poésie au slam

Adolescente, Do Nsoseme commence à écrire ses textes pour parler de son quotidien. Et très vite, elle prend le micro pour les chanter. « Maman Sarah, femme au cœur de lumière. Toi qui portes l’amour même sans héritière. Les douleurs invisibles, les souffrances muettes. Ce slam est pour toi, pour toutes celles qui se taisent », livre-t-elle avec mélodie.

« Il y a un ami avec qui on faisait des concours de poésie qui avait lancé un collectif de poètes et slameurs. J’ai commencé à faire des scènes de slam, à participer à des concours… C’est un peu comme ça que c’est venu à moi. Mais au départ, c’est vraiment à travers la poésie que je suis entrée dans le slam », souligne la slameuse.

« Sur ses jambes, son dos, dans chaque battement de cœur, elle a semé des graines d’amour, un jardin pour un monde meilleur », pose Do Nsoseme avec des accents musicaux.

Le français est « une langue aujourd’hui qui nous rassemble »

Elle publie ses poèmes dans un recueil Ngambo ya Congo. Un titre en lingala, mais des textes majoritairement en français pour évoquer des sujets qui lui sont chers, comme la cause des femmes. « Aujourd’hui, quand même, dans une ville comme Kinshasa, si on veut parler à un million de personnes, on va parler en français. Je trouve que c’est une langue, quoique nous l’ayons apprise suite à la colonisation, je suis consciente de ça, mais c’est une langue aujourd’hui qui nous rassemble », explique Do Nsoseme.

Le français est l’une des quatre langues nationales de la RDC. Elle est parlée par près de 57 millions de personnes selon l’organisation internationale de la Francophonie.

« On l’appelle affectueusement Maman Sarah, avec un H comme la matriarche d’Israël, elle qui a attendu longtemps sans relâche que s’accomplisse la promesse d’une descendance vaste comme le ciel. Sarah n’est la mère biologique de personne, mais son cœur en or l’a faite maman de tout le monde. Elle a porté des enfants qui n’étaient pas les siens, non seulement dans ses bras, mais aussi dans ses peines et ses mains », slame Do Nsoseme pour finir.

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