Faute de moyens, la Commission de la CEMAC suspend provisoirement ses activités

La Commission de la Cemac, l’institution phare de l’intégration en Afrique centrale, est à l’arrêt. Faute d’argent, elle a annoncé suspendre ses activités.
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La Commission de la Cemac est dans la tourmente. Faute de trésorerie, l’institution est contrainte de suspendre ses activités. Dans une note interne de la Commission consultée par RFI, elle évoque une « dégradation continue de sa situation financière ». La situation serait si critique qu’elle menace même sa survie, rapporte notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena.
Concrètement, cette suspension vise à couper dans les dépenses. Fini, pour l’instant, les réunions administratives ou les missions officielles non indispensables prévues au budget 2026. Le président de la Commission, Balthazar Engonga, le confirme : c’est une mesure de gestion interne, de rigueur.
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Pour Djimadoum Mandekor, économiste et ancien directeur au siège de la Banque des États d’Afrique centrale (BÉAC) cette situation n’est pas surprenante. Selon lui, des fonctionnaires de certaines institutions n’étaient pas payés depuis deux mois. « Et donc le vice-président de la Commission a dû faire la tournée des pays. Il a visité 4 pays. Et malheureusement, malgré ces déplacements, il n’y a pas eu de retour en cash donc, ils se retrouvent en difficulté », explique-t-il à Charlotte Cosset, du service économie de RFI.
Taxe communautaire d’intégration
Mais pourquoi cette crise de trésorerie ? Tout tourne autour d’une taxe : la taxe communautaire d’intégration (TCI). C’est le carburant principal de la Cemac. Sauf que ce carburant, les États ne le livrent pas assez. « C’est une taxe qui est perçue sur les importations. Les versements automatiques ne sont donc pas faits. Chaque État conserve les ressources collectées à ce titre-là et ne les reverse pas, ne les alloue pas à la commission de la Cemac. Je pense que cela reflète en partie la situation de trésorerie également dans chaque pays », ajoute l’économiste.
La Commission exhorte donc les États à mettre en place un mécanisme autonome de prélèvement de la taxe communautaire d’intégration, qui est une ressource affectée (et donc hors budget national). Le Gabon est le seul pays à l’avoir mis en place et a pu verser 10,5 milliards en 2025. Pour les autres États, aucun chiffre ne circule pour le moment. Et l’année dernière, moins de la moitié de la taxe communautaire d’intégration aurait été recouvrée par la Commission.
En attendant, la Commission va donc observer une pause forcée qui va causer, de l’avis d’experts, des retards sur des projets d’infrastructures régionales, sur la libre circulation ou sur l’intégration tout simplement. Malgré tout, les activités jugées « hautement stratégiques » seront maintenues. On parle ici probablement des dossiers liés à la souveraineté monétaire ou aux engagements internationaux de la zone.
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