Éthiopie-Retour de Harar: à bord de la ligne de train financée par la Chine [1/3]

En Éthiopie, depuis 2017, une ligne de train financée par la Chine remplace « le chemin de fer franco-éthiopien », ligne historique construite il y a plus d’un siècle. Toutes les nuits, ses wagons se remplissent de voyageurs qui vantent son confort et son prix bon marché, direction Dire Dawa ou même Djibouti.

De notre correspondante à Addis-Abeba,

Le quai de la gare de Furi-Lebu, située à dix kilomètres d’Addis-Abeba, est bondé. Les voyageurs se pressent vers les compartiments du train blanc et rouge, prêts à y passer la nuit. Parmi eux, Fanwi, ingénieur de 28 ans, et sa femme attendent avec impatience l’ouverture des portes. « C’est la première fois que je prends ce train. Je suis curieux de voir à quoi il ressemble et si c’est confortable. Je l’ai vu sur TikTok et sur d’autres réseaux sociaux. Il me semble bien », confie-t-il.

Le couple descendra à Dire Dawa, à plus de 450 kilomètres de la capitale de l’Éthiopie, après une dizaine d’heures de trajet. Fanwi explique qu’il compte profiter de ce séjour d’une semaine pour effectuer quelques achats. « Il y a des spécialités culinaires qu’on trouve uniquement à Dire Dawa, comme le baklava, le mushabak, la fatira. La nourriture y est incroyable, vous devriez essayer », lance-t-il avec enthousiasme.

Une fois à l’intérieur du train, les voyageurs prennent place dans des compartiments où les lits-couchettes, recouverts d’un tissu bleu, se répartissent en trois niveaux de qualité, selon le prix du billet. « J’ai choisi le train car c’est le moyen de transport le plus sûr et le plus abordable pour un voyageur au budget serré. Prendre l’avion coûte très cher, surtout pour un étudiant comme moi en Éthiopie. Je ne peux pas me le permettre », explique Elias, étudiant en médecine vétérinaire à l’université Haramaya de Harar, qui a déboursé 2 000 birrs, soit environ 11 euros, pour son trajet en wagon-couchette.

« J’ai déjà pris ce train, mais j’avais voyagé sur un siège normal. C’était une bonne expérience. Même si on est assis devant trois autres personnes, on pouvait discuter. On parlait toute la nuit. Mais si on voulait dormir, ce n’était pas vraiment possible », se souvient-il.

Après plusieurs arrêts dans la nuit, le train arrive enfin à Dire Dawa à 7 heures du matin, sous les premiers rayons du soleil. Parmi les passagers, Abraham confie avoir plutôt bien dormi, malgré quelques secousses. « C’était la première fois que je voyageais en train, sur une longue distance. Je voulais voir à quoi cela ressemblait. C’était mieux que ce à quoi je m’attendais. Je donne une note de 7 sur 10 », estime-t-il. Pour lui, ce train représente « une nouvelle manière de voyager », mais il regrette que « la population rurale et les communautés locales ne soient pas très bien informées sur ce type de transport ». Depuis Dire Dawa, le train poursuit ensuite sa route vers Nagad, à Djibouti, son terminus, après quatorze heures supplémentaires de trajet.

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