Éthiopie: regain de tension au Tigré, les réfugiés affluent dans les camps de déplacés

Depuis quelques semaines, le Tigré, cette région du nord-ouest de l’Éthiopie, connaît un regain de tension. Conséquence : à Shire, dans le centre du Tigré, des familles entières affluent dans les différents camps de déplacés de la ville. Ces nouveaux déplacés, qui se joignent à ceux ayant fui le conflit entre 2020 et 2022, fuient les discriminations dont ils sont victimes dans le Tigré occidental, administré par la région Amhara.
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Avec notre envoyée spéciale à Shire, Marlène Panara
Des dizaines d’abris surmontés de bâches blanches s’alignent les uns derrière les autres, à même la terre poussiéreuse. Ce terrain appartenait autrefois à une école, aujourd’hui désertée. Des milliers de déplacés, arrivés récemment, tentent de survivre. Tigist est à Shire depuis huit mois : « Mon mari a été arrêté à Dansha, et c’était lui qui subvenait aux besoins de la famille. Il a été arrêté juste parce qu’il était Tigréen. Alors quand il a été relâché, il est venu ici, et je l’ai suivi peu de temps après. »
« Il n’y a pas de paix là-bas »
Le camp accueille aussi des personnes qui ont d’abord fui le Tigré occidental pour le Soudan, avant de revenir en Éthiopie à cause de la guerre dans le pays voisin. Mais pour ces réfugiés comme Million Mehari, 15 ans, impossible de rentrer dans l’ouest du Tigré : « Je ne peux pas y retourner maintenant, car il n’y a pas de paix là-bas. Moi, je veux simplement réaliser mes rêves. Devenir pilote, ou peut-être chanteuse ou danseuse. Mais je souffre dans ce pays parce que je vis ici, et dans cet endroit, il n’y a pas assez pour survivre. »
Quatre femmes sont mortes de faim
Depuis trois ans, le camp ne cesse de grossir, et les conditions de vie sont de plus en plus difficiles, déplore Hagos Gebremichael, coordinateur du camp : « Des tentes sont construites chaque mois, chaque fois que de nouveaux déplacés arrivent. Mais l’aide fournie n’est pas suffisante, car elle n’est délivrée qu’à environ 4 000 personnes, sur 30 000 ». D’après Hagos Gebremichael, quatre femmes sont mortes de faim cette semaine.
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