États-Unis: un projet de loi sur la liberté religieuse au Nigeria et de possibles sanctions

À Washington, des parlementaires américains poussent un nouveau projet de loi visant à lutter contre les persécutions religieuses au Nigeria, en insistant particulièrement sur la nécessité de responsabiliser le gouvernement fédéral sur le sujet. Au mois d’octobre, le président Donald Trump avait dénoncé un « génocide » des chrétiens dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

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Ce projet de loi sur « la liberté religieuse et la responsabilité au Nigeria » est porté notamment par les députés Républicains Riley Moore et Chris Smith. Le premier s’est rendu au Nigeria en décembre pour enquêter sur l’insécurité et les persécutions religieuses. Le second a conduit des auditions publiques sur le sujet à Washington en novembre.

Si ce texte de loi est adopté, le secrétaire d’État américain sera contraint de soumettre un rapport exhaustif sur les moyens mis en œuvre pour lutter contre ces violences au Nigeria.

Le projet de loi propose aussi un renforcement de l’aide humanitaire aux communautés cibles de violences dans le centre du Nigeria. Cette aide serait financée conjointement par les États-Unis et Abuja.

Des sanctions pour « violations de la liberté religieuse »

Les députés qui portent ce projet ont également suggéré une liste de personnalités qui pourraient être sanctionnées pour « violations de la liberté religieuse ». Parmi les personnes visées par de potentielles sanctions figurent les dirigeants des deux principales organisations représentatives des éleveurs nomades peuls au Nigeria.

L’Association des éleveurs Miyetti Allah (Macban) qui représente plusieurs dizaines de milliers de pasteurs nomades et semi‑nomades à travers le Nigeria est notamment visée. En 2023, un premier rapport de la Commission américaine sur la liberté religieuse dans le monde évoque les attaques conduites par des éleveurs à majorité peuls et musulmans, contre des agriculteurs chrétiens dans le centre du Nigeria. Interrogé par Liza Fabbian du service Afrique en janvier, le président de l’association Baba Ousmane Ngelzarma réagit immédiatement : « J’ai écrit à la Commission et j’ai écris au Congrès américain, pour leur montrer que les éleveurs que nous représentons ne se battent pas pour la religion. La seule chose qui les intéresse, c’est la survie de leurs animaux. »

L’organisation est soupçonnée d’assumer des attaques, voire d’en couvrir les auteurs, ce que Baba Ousmane Ngelzarma dément. « La violence à l’oeuvre dans certaines région nigériane ne peut pas être considéré comme un génocide contre les Chrétiens. C’est un conflit pour les ressources, entre agriculteurs et bergers, qui se battent pour l’accès à la terre – à cause de l’augmentation de la population, du changement climatique, de la négligence du gouvernement et du manque d’application de la loi. » Les membres de l’organisation pourrait être visés par une interdiction de séjour sur le territoire américain ou faire face au gel de leurs avoirs, si le projet de loi sur la liberté religieuse au Nigeria est adoptée.

L’opposant Rabiu Kwankwaso fait également partie des personnes qui pourraient être interdites de séjour aux États-Unis et faire face à un gel d’avoirs. En cause : l’adoption de la charia, dans l’État de Kano, en l’an 2000, pendant son premier mandat de gouverneur de la région. Les soutiens de Rabiu Kwankwaso dénoncent « une manœuvre politique » et rappellent que cette évolution législative concernait plusieurs régions du nord du Nigeria et qu’elle n’était pas l’initiative d’une seule personne.

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Depuis plusieurs mois, l’insécurité au Nigeria attire l’attention des États-Unis, des acteurs politiques conservateurs et des associations de défense des chrétiens affirmant que les chrétiens nigérians sont « persécutés », des accusations ensuite reprises par le président Donald Trump qui a évoqué un « génocide » commis par des « terroristes ».

Abuja et la majorité des experts nient fermement ces accusations, soulignant que les violences touchent en général indistinctement chrétiens et musulmans.

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