Est de la RDC: situation humanitaire précaire dans le territoire de Fizi et dans un camp de réfugiés au Burundi

Dans l’est de la RDC, les Wazalendo, milices alliées à l’armée congolaise, sont entrés le 18 janvier 2026, dans Uvira, au lendemain du retrait des derniers éléments de l’AFC/M23. Le 10 décembre 2025, le groupe politico-militaire avait investi cette ville du Sud-Kivu, provoquant un exode de populations vers d’autres localités ou le Burundi voisin. Un accueil de réfugiés au camp burundais de Busuma ou de déplacés dans le territoire congolais de Fizi difficile à gérer au niveau humanitaire.

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Médecins sans frontières (MSF) alerte sur les conditions de survie des réfugiés congolais du camp de Busuma au Burundi. À cause des violences dans la province congolaise du Sud-Kivu ces dernières semaines, plus de 90 000 personnes ont passé la frontière avec le Burundi depuis le 5 décembre, selon MSF, et on estime à environ 65 000 le nombre de personnes qui ont été transférées et rassemblées dans le camp de Busuma à Ruyigi, à l’intérieur des terres.

Un afflux de dizaines de milliers de personnes en peu de temps qui dépasse les capacités de prise en charge. Malgré la mobilisation des autorités burundaises et des organisations humanitaires, la réponse aux besoins de base des réfugiés est insuffisante, faute de financements. « Nous sommes très loin des normes minimales en matière d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins », alerte Carolina Lopez, coordinatrice d’urgence MSF Burundi, jointe par Amélie Tulet. « Par exemple, pour l’accès à l’eau potable, les volumes disponibles restent vraiment très inférieurs aux recommandations, à savoir que dans un camp de réfugiés, dans la première phase d’urgence, par personne, on calcule 5 litres par jour. Aujourd’hui, on n’arrive pas vraiment à 2,5/2,7 litres par jour. Donc, c’est vraiment en-dessous. Il y a beaucoup plus de risques avec les maladies de la peau, il y a beaucoup plus de risques de choléra. Donc, on a déjà mis en place de l’eau, mais ce n’est pas suffisant. »

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« On ne peut pas attendre »

Elle poursuit : « On a mis en place des centres de santé, mais ce n’est pas suffisant. Il faut appuyer aussi les hôpitaux. On a mis en place de la distribution de nourriture, mais ce n’est pas suffisant. Ce qui se passe, c’est qu’on essaie d’appuyer et de faire la réponse comme il faut, mais on n’a pas les moyens aujourd’hui pour le faire comme il faut. »

« Pour éviter qu’il y ait une hausse de la mortalité et des risques, des épidémies, etc, ce qui est nécessaire, c’est qu’il y ait des fonds qui soient déployés aujourd’hui, parce qu’on ne peut pas attendre un, deux, trois mois, pour couvrir les besoins que la population a aujourd’hui », conclut Carolina Lopez.

Toujours concernant l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la situation humanitaire continue de se détériorer, notamment dans le territoire de Fizi, déplore la société civile du Sud-Kivu.

« Il y a eu un afflux massif sur Fizi »

Selon Ocha, le bureau onusien de coordination humanitaire, plus de 330 000 personnes ont récemment été déplacées dans les territoires d’Uvira, Fizi et Mwenga. Des populations obligées de vivre dans des conditions difficiles, avec peu d’accès à l’aide humanitaire, déplore Josué Kayeye, membre de la société civile du Sud-Kivu, qui demande aux autorités d’intervenir pour aider ces déplacés. « Il y a eu un afflux massif sur Fizi, soulignait-il au micro d’Alexandra Brangeon, le 15 janvier. Il y a eu d’abord ceux qui ont fui Uvira parce qu’on craignait de graves affrontements, et beaucoup de gens ont fui. Et avec la panique, beaucoup de gens se sont déplacés de leur localité pour voir s’ils peuvent s’abriter vers Fizi ».

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Il détaillait, jeudi dernier : « Maintenant, il n’y a pas d’abris, il n’y a pas à manger, il n’y a pas d’eau et les centres de santé ne sont pas en capacité d’accueillir. Il y a des difficultés, bien que pour le moment, il n’y a pas d’affrontements dans la zone. Avec les déplacements massifs de populations, il y a risque de propagation de maladies, comme le Mpox, le choléra, parce qu’il n’y a pas assez d’eau propre. Et d’ailleurs, il n’y a plus de possibilité de prise en charge parce qu’il y a aussi la question d’approvisionnement. Comme il n’y a plus de communication entre Uvira et Fizi, il peut y avoir un problème d’approvisionnement. »

Pour rappel, le 17 décembre 2025, l’AFC/M23 armé avait annoncé le retrait de ses troupes d’Uvira, répondant selon lui à une demande américaine, mais des policiers et militaires du groupe politico-militaire étaient restés dans la cité lacustre. Le 15 janvier, l’AFC/M23 a affirmé qu’il entendait retirer ses dernière troupes présentes à Uvira et clamé son intention de placer la ville « sous la responsabilité pleine et entière de la communauté internationale ».

Le 18 janvier, des miliciens wazalendo, surnom des milices locales pro-Kinshasa, ont fait leur entrée à Uvira.

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