Est de la RDC: l’armée annonce l’interpellation de deux leaders de milices wazalendo

L’armée congolaise a interpellé ce 16 mars 2026 à Walikale deux chefs de groupes armés locaux alliés aux forces gouvernementales (FARDC) dans la lutte contre la rébellion AFC/M23. Ces combattants, souvent regroupés sous l’appellation Wazalendo, épaulent les FARDC sur plusieurs fronts dans l’est du pays. Mais ces milices sont aussi régulièrement accusées d’exactions et de pillages contre les populations civiles et se livrent parfois à des guerres fratricides. La récurrence de ces combats a suscité l’irritation de la hiérarchie militaire.

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Les deux combattants interpellés dans l’est de la RDC sont Kirikicho Mirimba, du mouvement Coalition des patriotes au Congo (Copaco), et Musubao Kalimba, alias « Kasilasi », actif notamment dans les territoires de Kalehe, Masisi et Walikale, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Kirikicho Mirimba et Musubao Kalimba font partie des wazalendo, ces groupes armés locaux qui combattent aux côtés de l’armée régulière congolaise contre la rébellion de l’AFC/M23 dans l’est du pays.

Mais l’armée leur reproche de se faire la guerre entre eux : depuis un an et demi, les hommes de Kirikicho et les hommes de Musubao s’affrontent régulièrement. Des combats entre milices censées défendre le même camp, contre le même ennemi.

Les conséquences pour les civils sont graves. Par exemple, entre le 15 et le 18 février, dans la chefferie de Buhavu, toujours dans le territoire de Kalehe, ces affrontements ont fait 14 civils tués et 7 femmes violées. Des biens ont été pillés. Des populations ont fui.

Les deux hommes ont été interpellés à Walikale, dans le Nord-Kivu. Ils devront s’expliquer devant la justice militaire.

Lourd passif

Kirikicho Mirimba est originaire du groupement de Ziralo, dans le territoire de Kalehe. Il commande une milice connue sous le nom de Maï-Maï Kirikicho, composée majoritairement de membres de l’ethnie Tembo. Ce groupe armé est actif depuis de nombreuses années dans les forêts de cette région du Sud-Kivu, mais aussi dans certaines zones du Nord-Kivu voisin. Son nom apparaît dans plusieurs rapports des Nations unies, notamment pour des recrutements d’enfants soldats, et ce depuis 2009. Pendant plusieurs années, il a été accusé de contrôler et de taxer des sites miniers de la région, des mines d’or, de cassitérite et de coltan, ainsi que des marchés et des axes routiers.

Ce n’est pas la première fois que ses agissements ont des conséquences au-delà du champ de bataille. En 2018, Médecins sans frontières avait dû réduire sa présence à Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe, après des affrontements impliquant ses hommes. Il y avait eu des morts parmi les civils. Ces derniers mois, malgré ce lourd passif, Kirikicho était encore en première ligne contre l’AFC/M23 dans le Kalehe.

Son interpellation, et celle de Musubao Kalimba, rappelle que dans l’est du Congo, les lignes entre alliés et fauteurs de troubles sont souvent les mêmes.​​

À écouter aussiPourquoi RFI dit ça – Pourquoi RFI désigne-t-elle les Wazalendo en RDC comme des milices?

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