En RDC, Pâques se célèbre aussi en danses et chants avec le rite zaïrois

En RDC, Pâques est une fête religieuse importante pour les fidèles catholiques qui représentent 40 % de la population, selon les estimations du Vatican. C’est un moment durant lequel les fidèles congolais peuvent se retrouver autour de rites traditionnels.
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Avec notre correspondante à Kinshasa, Aurélie Bazzara-Kibangula
Des dizaines de fidèles se sont réunis à la paroisse Sainte-Claire, dans la commune de Makala, dans la capitale de RDC. Salaoline Balungi, un foulard sur la tête, vient prier ici car la messe se célèbre selon le rite zaïrois, une adaptation de la liturgie romaine à la culture congolaise. « Pendant les moments de fête, on célèbre le rite zaïrois. La langue utilisée, c’est la langue nationale, le lingala [le swahili, le kikongo et le tshiluba sont les trois autres langues nationales, le français étant la langue officielle NDLR], ça aide à bien prier ».
À ses côtés, Héritier Kabala apprécie les particularités liturgiques : « Quand le prêtre commence, avant de dire « Au nom du père, du fils…« , il y a la prière où on va appeler les saints. Les saints, ce sont nos ancêtres, ça fait nous ressusciter. »
La particularité du rite zaïrois, ce sont les danses et surtout les chants. Martin Tshitembala, chef de la chorale, explique : « Ce sont les psaumes qu’on a appris. Nous prenons les mêmes paroles mais on les traduit en lingala. Il y a le Kembo, ce sont les Gloria [un cantique de louange à Dieu après la pénitence, au début de la messe, NDLR]. C’est très animé. C’est le chant par excellence et nous l’adorons. »
« La danse exprime la joie de la célébration »
Le « rite zaïrois » a été avalisé par le Vatican en 1988. Il est ordonné lors des grands moments de célébrations comme Pâques. Sa particularité, c’est surtout son animation qui passe par les chants mais aussi la danse, comme l’explique l’abbé Emmanuel Lubamba, l’un des spécialistes du rite zaïrois à Kinshasa et qui officie à la paroisse Sainte-Claire après plusieurs années à la cathédrale Notre-Dame : « Le rite zaïrois, c’est une réponse de notre culture par rapport au concile Vatican II. Et pour la liturgie, on a demandé à chaque peuple de s’exprimer par rapport à sa culture. »
Il poursuit : « Au Congo, avec une multiplicité de cultures, nous nous retrouvons dans cette expression-là, corporelle, pour louer l’Être suprême. La danse, ça exprime justement la joie de la célébration, contrairement en Occident où tout est froid. Mais chez nous, il y a la danse, il y a les servants de messe et les prêtres font le tour de l’autel en dansant. Et il y a aussi les louangeuses qu’on appelle les Bana Kembi. Ce sont des petites filles qui font aussi des pas de danse et tout bouge. Il n’y a pas que les mains, il y a aussi la hanche et les pieds qui bougent. Il y a des mouvements, ça exprime la joie. »
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