En Libye, la dérive du méthanier Arctic Métagaz inquiète les autorités

Le ministère libyen de la Défense du gouvernement d’union nationale, dirigé par Abdelhamid Dbeibah, a annoncé mardi 24 mars avoir stabilisé le méthanier russe touché dans la nuit du 3 au 4 mars, probablement par un drone naval au large de la Libye. Si une opération de remorquage a été entreprise pour l’éloigner des côtes, le danger écologique persiste.
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Le méthanier à la dérive était dans les eaux internationales mais, avec la tempête qui a frappé la Méditerranée la semaine dernière, il s’est rapproché des côtes libyennes.
Les écologistes libyens sont en état d’alerte face à cette menace de pollution majeure. L’épave du méthanier russe était, mardi 24 mars, à moins de 45 km de Zouara, ville située à 115 km au nord de Tripoli.
Selon le président du syndicat des travailleurs du secteur pétrolier, l’épave a été déroutée la même journée vers les eaux internationales grâce à une remorque dépêchée en urgence depuis la ville de Misrata.
L’opération est « complexe », a indiqué la Compagnie nationale de pétrole libyenne, la Noc. Le navire comporte une large brèche latérale.
Les images de l’opération publiées sur le site officiel de la zone libre du port de Misrata montrent le navire fortement endommagé. Il n’est pas exclu que du gaz liquéfié ait fui en mer, vu l’état du navire.
Selon les données maritimes, le méthanier Arctic Métagaz, long de 277 mètres, était parti de Mourmansk, au nord-ouest de la Russie. Il transportait près de 62 000 tonnes de gaz naturel liquéfié, ainsi que 900 tonnes de fioul, ce qui accroît le risque de grave pollution marine en cas de fuite.
Début mars, la Russie avait accusé l’Ukraine d’avoir attaqué ce navire soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe à l’aide d’un drone maritime lancé depuis les côtes libyennes.
Devant ce risque imminent, le parlement libyen, basé à Benghazi, a demandé des explications à Tripoli sur cette opération ukrainienne.
Le 17 mars dernier, la France, l’Italie et sept autres pays ont tiré la sonnette d’alarme. Dans un courrier adressé à la Commission européenne, ils mettaient en garde contre « une catastrophe écologique majeure au cœur de l’espace maritime de l’Union ».
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