En Côte d'Ivoire, la crise du cacao révèle des tensions au sein de la filière

En Côte d’Ivoire, la crise du cacao continue de provoquer des remous. Alors que la campagne intermédiaire vient de débuter, l’un des enjeux est l’écoulement du stock invendu de la campagne principale : l’État s’est engagé le mois dernier à racheter au moins 100 000 tonnes de fèves, au prix garanti de 2 800 Francs CFA par kilo. Mais à Abidjan, la mise en application de cet engagement a révélé des tensions le 2 mars entre le Conseil café-cacao et l’OIA-café-cacao, l’interprofession de la filière.

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Avec notre correspondante à Abidjan, Benoît Almeras

Des frictions ressenties jusqu’au 23e étage de la tour Caistab, le siège du CCC, le Conseil café-cacao en Côte d’Ivoire. Face à la presse, l’interprofession détaille l’accord conclu le 1er mars avec le gouvernement : l’OIA prend en charge 40 000 tonnes d’invendus, les 60 000 restantes étant gérées par le Conseil café-cacao (CCC).

Mais pour le Secrétaire général de l’interprofession, Marc-Daniel Bouabré, le CCC ne respecte pas ses engagements pour l’écoulement du stock au prix garanti. « [Dimanche 1er mars], il y avait dans le système de validation de la commercialisation intérieure 16 000 tonnes de cacao à valider par le Conseil café cacao. Les connaissements mis en ligne n’ont pas été validés. Il y a aussi la remise en cause des stocks sur lesquels nous nous étions accordés hier », affirme-t-il. Visiblement agacé, Yves Brahima Koné, le patron du Conseil café-cacao, n’a pas donné suite aux sollicitations de RFI.

« Si l’État ne fait pas quelque chose, ce sera une faillite pour plusieurs coopératives »

Assane, patron de coopérative, se dit inquiet de la situation. « J’ai environ 800 tonnes de cacao. Jusque-là, on n’arrive pas à écouler. On pensait qu’on allait nous donner une bonne nouvelle. Malheureusement, on constate qu’il y a un problème. Sincèrement, si l’État ne fait pas quelque chose, ce sera une faillite pour plusieurs sociétés coopératives avec les planteurs », alerte-t-il.

L’OIA-café-cacao a annoncé vouloir saisir le vice premier-ministre Téné Birahima Ouattara. Le frère du président ivoirien coordonne la réponse gouvernementale à la crise du cacao.

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