En Côte d'Ivoire, des réfugiés burkinabè bénéficient d'une formation agricole à Brondougou

La Côte d’Ivoire accueille depuis près de cinq ans de nombreux réfugiés fuyant la crise sécuritaire au Burkina voisin. Selon le HCR, il y aurait près de 80 000 réfugiés dans le nord du pays, en majorité des Burkinabè. Bien souvent hébergés et aidés par les populations des villages proches de la frontière, à Brondougou, une ferme mise en place par l’ONG Living Soils et financée par le Programme alimentaire mondial et l’Union européenne les forme depuis quelques mois à l’agroécologie. 

De notre envoyée spéciale de retour de Brondougou,

Diénaba Tall a fui le Burkina il y a quatre ans. Cette jeune de 19 ans est hébergée par une famille ivoirienne. Jusque-là, Diénaba enchaînait les petits boulots dans des restaurants en ville. Maintenant, dans cette ferme, cette jeune découvre l’aviculture et explique comment ils apprennent à nourrir les poulets avec des larves.

Diénaba est épaulée par Nana Ouattara, une femme d’âge mûr. Cette veuve et mère de quatre enfants a accueilli plusieurs réfugiés pendant plus d’un an, sans aucune contrepartie : « On a beaucoup appris ici, on sait comment il faut faire, comment il faut élever des mouches soldats, comment il faut élever des poulets. Après ce projet, on peut le faire pour nous-mêmes », s’enorgueillit-elle.

Des familles hôtes et des réfugiés Burkinabè pratiquent l’élevage de mouches soldats, utile dans l’aviculture et le maraîchage.
Des familles hôtes et des réfugiés Burkinabè pratiquent l’élevage de mouches soldats, utile dans l’aviculture et le maraîchage. © Bineta Diagne / RFI

Dans cette ferme, les stagiaires apprennent aussi des techniques du maraîchage avec des engrais naturels. Cet enseignement pratique vise à lutter contre l’insécurité alimentaire des réfugiés et des familles hôtes. Et donc in fine, à les rendre moins dépendants des aides humanitaires.

« Comme vous le voyez, nous avons utilisé des moyens simulant des bidons coupés. On en a à la maison, on les utilisera pour faire les larves, les faire grossir…, explique Amina Coulibaly, technicienne au sein de l’ONG Living Soils. Ce qu’ils vont obtenir à partir des déchets qu’ils vont donner aux larves va leur permettre d’enrichir le sol et en même temps, de pouvoir nourrir aussi une petite quantité de poulets, qui peut servir peut-être à la consommation familiale aussi. » Elle conclut que ces pratiques sont adaptées à cette zone-là.

Une entente approfondie

Cette formation a surtout permis aux populations hôtes et aux réfugiés de se rapprocher davantage, à travers le travail, comme l’explique Ibrahim Sidibé, arrivé en Côte d’Ivoire il y a trois ans. Cet ancien éleveur a depuis construit sa maison à côté de plantations d’anacarde, avec l’accord des riverains.

Réfugié en Côte d’Ivoire depuis trois ans, Ibrahim Sidibé a pu construire une maison pour sa famille. Il espère s’investir dans l’aviculture.
Réfugié en Côte d’Ivoire depuis trois ans, Ibrahim Sidibé a pu construire une maison pour sa famille. Il espère s’investir dans l’aviculture. © Bineta Diagne / RFI

« C’est l’entente entre nous et les villageois. Parce que bon, maintenant, on se connaît très bien. Je connais ceux du village, beaucoup me connaissent. Entre nous, il y a de l’entente », se réjouit-il.

Pour l’instant, une centaine de personnes ont bénéficié de cette formation.

Ibrahim Sidibé, réfugié depuis trois ans, compte se lancer dans l'aviculture.
Ibrahim Sidibé, réfugié depuis trois ans, compte se lancer dans l’aviculture. © Bineta Diagne / RFI

 

À écouter dans Un jour au villageL’aviculture ivoirienne, levier de développement du système de production animale

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