Emmanuel Macron défend un «partenariat rééquilibré», «d'égal à égal» de la France en Afrique

C’est une tradition de début d’année depuis 1993 : le président français Emmanuel Macron recevait ce jeudi les ambassadrices et ambassadeurs qui représentent la France à l’étranger afin de fixer les objectifs de l’année et évoquer les grands thèmes qui mobiliseront la diplomatie dans les prochains mois. Plusieurs réunions de travail étaient organisées dans la matinée ce jeudi 8 janvier à l’Élysée, dont l’une portait sur l’Afrique. Dans son discours, le chef de l’État français a estimé que la France a « totalement changé de logiciel depuis le discours de Ouagadougou » prononcé en 2017 et lors duquel Emmanuel Macron avait déclaré : « Il n’y a pas de politique africaine de la France ». Désormais, le chef de l’État défend un « partenariat rééquilibré », « d’égal à égal » et qui ne priorise plus nécessairement les partenaires francophones.

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Le renouvellement du partenariat avec l’Afrique est d’abord passé par une évolution de la stratégie militaire de la France sur le continent, selon Emmanuel Macron. « On a revu et on a eu raison de le faire, nos bases militaires. Cela a été vu comme un abandon. Détrompez-vous. On a enlevé la composante militaire qui n’était plus comprise par les pays et les jeunesses. On a rebâti un partenariat militaire qui est pertinent et qui a montré sa force et sa pertinence au Bénin, et qu’on est en train de construire avec plusieurs autres pays », a déclaré le président français.

Le retrait n’a pas été à l’initiative de la France. La France voulait continuer à rester autrement. Mais le retrait lui a été imposé par les autres pays.

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Désormais, l’accent est mis sur l’entrepreneuriat, les industries culturelles et créatives et le sport notamment. Toucher la jeunesse, parler aux diasporas est une étape cruciale.

« Le partenariat africain est clé. Il faut en 2026 qu’on aille au bout de ce travail avec le sommet de Nairobi, qui se tiendra au mois de mai prochain et qui est un rendez-vous très important qui permettra d’incarner cette véritable révolution de l’approche. J’ai invité le Premier ministre Modi à mes côtés et le chancelier Merz. Ce qui montre aussi le changement d’approche et de logiciel », a-t-il ajouté.

Désormais, le chef de l’État défend un « partenariat rééquilibré », « d’égal à égal », qui délaisse la composante militaire pour se focaliser sur la culture, la mémoire, la jeunesse ou encore la création. Un discours, une influence à défendre. 

Allons au bout de la logique, montrons l’efficacité, consolidons nos partenariats. C’est d’abord consolider tout ce que nous avons fait sur l’influence, la lutte contre la désinformation. Il y a un très gros travail qui est fait. Il est d’ailleurs diplomatique et peut être militaire. Il est très interministériel. On ne doit pas perdre cette bataille des narratifs. Les intérêts de la France, son influence, se défendent aussi dans les récits qui sont faits, dans la lutte contre la désinformation partout et dans la défense de ce que nous faisons. L’honnêteté m’oblige à constater que beaucoup d’acteurs français se sentent interdits parce qu’ils sont Français, de défendre la France, ses intérêts ou la bonne action des Français. Cela me surprend toujours, mais enfin voilà, je constate que c’est comme ça. Et de l’autre côté, on est massivement attaqués par des gens qui nous reprochent d’être des nouvelles puissances coloniales et s’appuient sur un discours très anti-colonial et du coup très anti-européen, anti-occidental, antifrançais. En mélangeant tout, on doit absolument mener cette bataille. On a construit des instruments, Il y a un très gros investissement qui a été fait. Je souhaite qu’on aille beaucoup plus loin.

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Emmanuel Macron a également évoqué la force de la relation avec le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Maroc, et il affirme que la diplomatie française suit de près les grandes crises du Soudan, de la Corne de l’Afrique et des Grands Lacs.

 

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