Égypte: au Caire, le marché des panneaux publicitaires en pleine progression

Comment expliquer l’essor de la publicité extérieure en Égypte ? Chaque année, le secteur bat record sur record. Le paysage urbain du Caire et des grandes villes du pays est saturé par les panneaux publicitaires et la soif des annonceurs semble insatiable.
De notre correspondant au Caire,
On les distingue déjà par le hublot de l’avion, avant même d’atterrir à l’aéroport international du Caire. Ces immenses panneaux publicitaires – souvent plus de six mètres sur trois – envahissent la capitale égyptienne. Et cette expansion ne montre aucun signe de ralentissement.
« D’année en année, le nombre de panneaux publicitaires augmente. Chaque année, on construit environ 300 à 400 panneaux supplémentaires. Le gouvernement installe des panneaux un peu partout, développe de nouveaux réseaux routiers. Plus le réseau routier s’étend, plus il y a de panneaux publicitaires », raconte Amr El Messidi, directeur commercial chez ADMazad, une entreprise spécialisée dans l’analyse de l’efficacité des campagnes d’affichage.
Une expansion de l’affichage qui se traduit aussi par un essor du secteur publicitaire, selon Amr El Messidi. « Fin 2025, les dépenses annuelles en publicité extérieure s’élevaient à 12,7 milliards de livres. C’est environ quatre fois plus qu’en 2022. Le secteur est en plein essor et connaît une croissance d’année en année. L’immobilier a dominé le marché en termes de dépenses. L’année dernière, sur les 12,7 milliards de livres, l’immobilier représentait à lui seul une part de marché de 65% », détaille-t-il.
Une source de revenus pour l’État
Par « immobilier », il faut entendre « haut de gamme » : résidence fermée dans les quartiers huppés, appartements avec vue sur mer au bord de la Méditerranée ou villa avec piscine. Voilà le genre de projets qui se succèdent, le long des axes routiers du Caire.
« C’est un secteur globalement ancré dans une logique de prestige. Le ciblage concerne les propriétaires de voitures particulières en Égypte, qui constituent le public visé pour ce type d’immobilier. Une bulle immobilière plane actuellement au Caire, mais cela ne pose pas vraiment de problème au gouvernement. D’un côté, l’État cherche à vendre davantage de terrains, à les transformer en marchandises, afin de générer des revenus. De l’autre, les promoteurs privés, en particulier les plus importants, soutiennent l’État dans ce projet », explique Mohamed Ramadan, économiste au sein d’une ONG égyptienne de défense des droits humains.
Une source de revenus importante pour l’État, à laquelle s’ajoutent les loyers versés par les entreprises exploitant ces panneaux, rarement laissés inoccupés. Des montants qui, eux, restent confidentiels.
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