Double scrutin en Ouganda: des organisations de la société civile est-africaine font état de graves fraudes

En Ouganda, alors que les résultats définitifs sont attendus, la tension est montée, vendredi 16 janvier, au lendemain des élections législatives et présidentielle, avec ce duel entre l’octogénaire Yoweri Museveni, au pouvoir depuis quarante ans, et son opposant quadragénaire, Bobi Wine, dont le sort était confus jusqu’à ce qu’il annonce ce samedi avoir échappé aux forces de sécurité. Au Kenya, plusieurs organisations de la société civile est-Africaine dénoncent, à Nairobi, les irrégularités des élections générales tenues en Ouganda.

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Avec notre correspondante à Nairobi, Gaëlle Laleix

En Ouganda, Internet demeure coupé, depuis mardi 13 janvier. L’ONU parle d’un climat « marqué par une répression et une intimidation généralisées », et cela se serait vérifié le jour des scrutins présidentiel et législatifs en Ouganda.

Au Kenya, plusieurs organisations de la société civile est-Africaines ont dénoncé, vendredi, à Nairobi, les irrégularités des élections générales tenues en Ouganda. Elles se font les porte-voix de leurs homologues ougandaises qui ont été suspendues par le pouvoir.

Réunies sous le nom de Réseau de solidarité panafricain, elles affirment faire remonter des informations d’Ouganda qui font état de graves fraudes lors du vote de jeudi.

Le président ougandais sortant et candidat du Mouvement de résistance nationale (NRM) à l'élection présidentielle, Yoweri Museveni, vote à Rwakitura le 15 janvier 2026 lors des élections générales ougandaises de 2026.
Le président ougandais sortant et candidat du Mouvement de résistance nationale (NRM) à l’élection présidentielle, Yoweri Museveni, vote à Rwakitura le 15 janvier 2026 lors des élections générales ougandaises de 2026. AFP – –

D’abord, c’est un système de violence politique que la société civile régionale dénonce.

Kibi Alex Mukasa, vient d’Ouganda. Il est membre du Mouvement pour le pouvoir du peuple « Nous sommes horrifiés d’apprendre la mort de dix personnes tuées, vendredi, par l’armée, devant la maison du vice-président de la Plateforme d’unité nationale, Muwanga Kivumbi. Le candidat Nathan Nandala Mafabi a également été blessé et son chauffeur tué, lors d’une confrontation violente. »

Compte tenu du climat de répression, c’est au compte-gouttes que les informations remontent d’Ouganda.

Suffisamment néanmoins, pour parler de fraude électorale, selon Deus Kenyesigye, défenseur des droits de l’homme venu de Kampala : « A Ntungamo, le district du président, les commissions de résidents et les policiers ont forcé des citoyens à voter pour le parti présidentiel. La fraude a tourné à l’absurde dans les bureaux de vote situés dans les casernes militaires, puisque Museveni y a obtenu 180 % des votes. »

Et la liste des irrégularités est encore longue selon Mwanase Ahmed, de l’organisation est-africaine Jumuia ni Yetu : « Beaucoup de bureaux de vote ont ouvert avec des heures de retard. Beaucoup n’avaient pas reçu les kits de vote. Certains disposaient d’urnes déjà remplies. Dans quelques bureaux, on a pu suivre le décompte des votes, en direct, et les estimations publiées aujourd’hui sont très différentes. »

Les résultats des élections générales ougandaises sont attendus, d’ici ce soir.

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