Cote d'Ivoire: Comité national olympique – Le CNO met à nue le complot du groupe « Solidarité »

Le Comité national olympique (Cno) a rétabli la vérité, samedi, face à la presse réunie dans ses locaux à Cocody-Vallons. Dans un communiqué lu par Namama Fadiga Nadège, l’icône du handball féminin, le Comité national olympique de Côte d’Ivoire a « dénoncé vigoureusement ces allégations dénuées de tout fondement dont le seul but est de déstabiliser la dynamique positive impulsée depuis l’avènement du président Georges Joseph N’Goan ».

C’est qu’il y a quelques jours, le 11 mars dernier, un certain nombre de présidents de fédérations olympiques qui se font appeler « Groupe Solidarité » ont prononcé une conférence de presse. Et à l’issue de leurs échanges, ils ont signé un document lu par leur porte-parole, le président de la Fédération ivoirienne de tennis de table, Tiémoko Ballo.

Dans leurs propos liminaires, les membres ce groupe déclaraient qu’ils s’étaient réunis « pour alerter l’opinion publique et les autorités sportives sur les graves dysfonctionnements au sein du Comité national olympique de Côte d’Ivoire dont nous sommes membres, qui compromettent le développement du sport ivoirien ». Le document accuse, sans ambages, le Cno d’être l’instigateur des crises au sein des fédérations.


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Ce que le Cno guidé par la volonté du Président de la République qui prône l’Ivoirien nouveau, ne saurait cautionner. « Le Groupe Solidarité accuse le Cno de déstabilisation des fédérations sportives. Il déclare que l’immixtion répétée dans les affaires internes des fédérations n’est plus acceptable. C’est de l’ignorance de leur part.

Selon la Charte olympique et la loi de 2014 relative au sport, le Cno est chargé, notamment, de développer et de protéger le mouvement olympique ; de propager au niveau national les principes fondamentaux de l’Olympisme, d’assurer le respect de la Charte olympique », souligne le communiqué.

Le Cno agit sur injonction du ministère des Sports

Bien que ces textes lui en donnent le droit, le Cno-Côte d’Ivoire ne s’est jamais auto-saisi des dossiers des fédérations olympiques pour faire quoi que ce soit, lorsqu’il y a des crises au sein des fédérations. C’est toujours le ministère des Sports qui le saisit par courrier et lui enjoint de régler le problème. Comme pour étayer ses propos, le Cno a communiqué une liste de huit fédérations sportives dressée par le ministère des Sports, le 29 janvier. Des associations minées par des crises.

« Le ministère des Sports n’a pas consulté le Comité national olympique pour faire cette liste. Alors d’où vient-il qu’on veuille faire porter le chapeau au Cno ? », s’est interrogée Namama Fadiga qui confirme qu’un comité bipartite a été constitué, à cet effet, avec le Cno et le ministère des Sports (Direction générale des sports, inspection générale et direction juridique du ministère des Sports).

Les huit fédérations à problèmes, selon le ministère des Sports

« Quand vous parcourrez les documents joints au communiqué de presse, vous comprendrez pourquoi ils agitent le chiffon rouge », avait prévenu la porte-parole du Cno. En effet, tous les présidents membres du groupe Solidarité ont presque un point en commun : leur gouvernance.

« Pour la Fédération de rugby, le Cno, saisi par le ministère des Sports, a remis au ministère des Sports son rapport, début janvier. En dehors des aspects techniques qui lui sont reprochés par les membres de la fédération, le président a utilisé le chèque de la fédération pour l’acquisition d’un véhicule personnel. Ce chèque étant revenu impayé pour défaut de provision, le propriétaire du véhicule a déposé plainte contre lui. Le 9 mars 2026, les membres actifs ont déposé plainte contre le président Koré pour détournement de fonds. Les membres actifs demandent sa démission », explique-t-elle.

Au judo, le président de cette fédération, selon le communiqué, a convoqué une assemblée générale ordinaire, le 14 janvier 2024 et ce même jour, il a transformé cette assemblée générale ordinaire en assemblée générale extraordinaire pour modifier les statuts, notamment les conditions pour être candidat. Il lui est également reproché d’avoir introduit des clubs fictifs dans le collège électoral par la production de procès-verbaux de commissaires de justice.

Les candidats potentiels à la présidence de la Fédération de judo, estimant que ces agissements sont contraires aux statuts, ont saisi l’instance arbitrale du Cno. Nonobstant la saisine de l’Instance arbitrale, une autre assemblée générale extraordinaire a été organisée le 16 novembre 2024, pour modifier les statuts et règlement intérieur, élire le président de la fédération, les membres du comité directeur et les commissaires aux comptes.

L’Instance arbitrale composée de magistrats, de professionnels de droit a annulé l’assemblée générale du 14 janvier 2024 et celle du 16 novembre 2024. De sorte qu’aujourd’hui, la Fédération de judo n’est dotée d’aucun statut et règlement intérieur, n’a ni président, ni comité directeur. Le comité bipartite a été saisi pour résoudre ce problème institutionnel.

La Fédération ivoirienne de canoé kayak, pirogue et aviron connaît le même problème de moralité. « Le mandat du président a expiré depuis un an, sans qu’aucune élection intervienne. Pour les élections, le président a produit un certificat de nationalité qui s’est avéré faux. Une plainte a été déposée contre lui pour faux et usage de faux et contre toute personne ayant eu connaissance de ces faits délictueux sans les porter à la connaissance des autorités judiciaires. Le processus de renouvellement des instances est en cours, avec l’appui du comité bipartite », relate le communiqué.

Le président de la Fédération de tennis de table, porte-parole du groupe qui combat les bonnes moeurs au sein du mouvement olympique, est accusé, selon le Cno, d’avoir « empêché, avec le recours à des loubards, les membres actifs de participer à l’assemblée générale du 21 décembre 2025. Il est accusé d’avoir tenu cette assemblée générale sans que le quorum soit atteint ; il est accusé d’avoir affilié de façon frauduleuse six clubs, au mépris des statuts et règlement intérieur.

Les membres demandent sa démission ». Le cas du badminton est très bizarre : « Après analyse de ses statuts et des documents de l’assemblée générale du 25 mars 2025, il est apparu que cette fédération ne remplit pas les conditions fixées par la loi 2014 relative au sport et l’ordonnance 2024 relative à l’organisation la société civile. La Fédération de badminton ne mérite pas d’être considérée comme une fédération sportive nationale. Ces statuts sont contraires aux dispositions de la loi relative au sport.

La natation, c’est juste une question de bicéphalisme créé par la fédération internationale. Le Comité bipartite est saisi du dossier.

Comprendre la crise

C’est pareil à la boxe. Tandis qu’au taekwondo, les décisions prises lors de la dernière assemblée générale sont contestées par un groupe de membres actifs. « Comme on peut le constater, la plupart des fédérations en crise sont membres du Groupe Solidarité et il est clair que le Cno n’est, à aucun moment, intervenu pour créer la crise au sein de ces fédérations », a relaté Namama Fadiga qui a rappelé l’origine de cette crise montée de toutes pièces et soutenue par l’ancien président, le général Palenfo.

Pour mieux comprendre ce qui se passe autour du Comité national olympique, il faut remonter à l’assemblée générale élective du 30 avril 2022 qui a vu l’élection du président Georges N’Goan à la tête du mouvement olympique ivoirien.

L’ancien président, le général Palenfo, s’étant retourné contre son « dauphin constitutionnel », Georges N’Goan, avait, dans la précipitation, opté pour un plan B, en montant de toutes pièces un projet soutenu par un petit groupe dont Dabonné Seydou, un de ses filleuls au judo (puisque le général Palenfo est judoka).

A la tête de ce projet, Lucien Kouakou, candidat contre Georges N’Goan et Bamba Cheick Daniel. Ils ont échoué à maintenir le système Palenfo en place, depuis des décennies, grâce à un report de voix, au deuxième tour, du candidat Bamba Cheick Daniel en faveur de Georges Joseph N’Goan. Depuis, et ce, malgré leur bilan chaotique, sans assemblée générale annuelle, sans statut ni règlement intérieur, sans comptabilité sérieuse…, il s’est formé un petit bloc pour aller contre toutes les actions du nouveau bureau.

Dabonné Seydou et ses suiveurs n’ont participé à aucune assemblée générale sous Me N’Goan, sauf celle où le général Palenfo avait sollicité leur présence, le 21 décembre 2024, à l’Espace Crystal. « Quel modèle voulons-nous présenter à la jeunesse ivoirienne ? », a indiqué la porte-parole du Cno qui dit compter sur la tutelle pour régler définitivement ce problème.

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