Cote d'Ivoire: Cacaologie – Une science inexistante dans le monde académique occidental, une première historique née au pays

Malgré l’importance stratégique du cacao dans l’économie mondiale, aucune discipline scientifique globale consacrée exclusivement à cette ressource n’existe aujourd’hui dans les systèmes universitaires occidentaux, notamment en France. Les recherches disponibles confirment qu’aucune université française ne propose de département, de licence, de master ou de doctorat structuré sous l’intitulé de cacaologie, ni de formation académique visant à former des cacaologues.

Ce constat est d’autant plus frappant que la France est mondialement reconnue pour l’excellence de ses métiers du chocolat et pour avoir institutionnalisé l’oenologie comme discipline scientifique de référence. Pourtant, dans le cas du cacao, les formations existantes se limitent à des approches fragmentées : chocolaterie artisanale, confiserie, techniques bean-to-bar (fabrication artisanale du chocolat).

Ces enseignements relèvent essentiellement du savoir-faire technique et non d’une science intégrée du cacao, articulant ses dimensions agricole, chimique, nutritionnelle, économique, culturelle, sanitaire, industrielle ou géopolitique.

Un vide scientifique mondial autour d’une ressource stratégique


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À ce jour, il n’existe donc ni en France, ni en Europe, ni ailleurs dans le monde, de science académique reconnue traitant le cacao comme un objet scientifique global. Le cacao demeure majoritairement appréhendé comme une matière première agricole ou industrielle, rarement comme un champ autonome de production de savoirs. Ce vide scientifique contraste fortement avec l’importance stratégique du cacao pour de nombreux pays producteurs, au premier rang desquels figure la Côte d’Ivoire, premier producteur et premier broyeur mondial.

La naissance de la cacaologie : une innovation scientifique ivoirienne

C’est précisément à partir de ce constat qu’émerge, en Côte d’Ivoire, une initiative scientifique inédite : la cacaologie. Cette discipline nouvelle est le fruit des travaux de Dr Marcellin N’Da dit N’Da Cacao, scientifique ivoirien, qui pose pour la première fois les bases théoriques, conceptuelles et méthodologiques d’une science globale dédiée au cacao. Il est le directeur général de l’Institut international de la cacaologie (Inica).

L’idée fondatrice naît en 2017, lors d’une formation en chocolaterie en Afrique du Sud, à la découverte de l’oenologie. Une question simple mais déterminante s’impose alors : pourquoi le vin dispose-t-il d’une science structurée, alors que le cacao, ressource tout aussi stratégique à l’échelle mondiale, en est dépourvu ? Cette interrogation ouvre plusieurs années de recherches qui conduisent à une découverte majeure : le cacao est une ressource multidimensionnelle, bien au-delà de son statut agricole.

Du cacao matière première au cacao objet scientifique

Les travaux de Dr N’Da Cacao identifient douze dimensions complémentaires du cacao – agricole, nutritionnelle et sanitaire, industrielle, économique, éducative, culturelle, environnementale, technologique, sociale, touristique, politique et diplomatique – formalisées dans un cadre conceptuel structurant. Cette approche fonde la cacaologie comme discipline scientifique à part entière, comparable, pour le cacao, à ce que l’oenologie représente pour le vin.

Ces fondements sont exposés dans l’ouvrage « Cacaologie ou Théobromalogie : du cacao sacré des Amériques à la science ivoirienne du XXIe siècle », qui marque un tournant historique : pour la première fois, une science est pensée, théorisée et nommée par un pays producteur à partir de sa propre ressource stratégique.

Un leadership scientifique historique pour la Côte d’Ivoire

En structurant la cacaologie, la Côte d’Ivoire devient le premier pays au monde à ériger le cacao en objet scientifique autonome. Ce positionnement confère au pays un leadership inédit, non seulement économique, mais aussi intellectuel et scientifique, dans un domaine directement lié à son socle productif.

La création de l’Institut international de la cacaologie (Inica) s’inscrit dans cette logique, en tant que première institution dédiée à la formation de cacaologues et à la production de savoirs scientifiques sur le cacao. À travers cette initiative, la Côte d’Ivoire affirme sa capacité à produire sa propre science, à transformer une ressource agricole en levier de souveraineté intellectuelle et à inscrire le cacao dans l’histoire mondiale des disciplines scientifiques.

Une ambition scientifique et civilisationnelle

À l’image des grandes disciplines fondatrices – l’égyptologie avec Champollion ou la microbiologie avec Pasteur – la cacaologie marque un changement de statut du cacao : de simple matière première, il devient un champ scientifique structuré, porteur d’innovation, de développement et de rayonnement international. Avec la cacaologie, la Côte d’Ivoire ne se contente plus de produire le cacao du monde : elle en produit désormais la science.

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