Congo-Kinshasa: Le lancement d'une nouvelle plaque d'immatriculation fait débat
Annoncée par la Direction générale des Impôts, la réforme de la nouvelle plaque d’immatriculation sécurisée, officiellement entrée en vigueur le 6 janvier 2026, a suscité incompréhension et colère parmi les automobilistes et la société civile. Beaucoup redoutent une nouvelle charge financière, après l’introduction récente du permis biométrique et du contrôle technique. Face à la polémique, le ministère des Finances a clarifié les contours de cette opération, présentée comme progressive et conforme aux normes internationales. C’est sans compter la réaction de la société civile qui dénonce un processus opaque et moins important pour l’État.
La plaque est dite « minéralogique sécurisée ». Dotée d’un dispositif de sécurité électronique, elle devrait permettre la lecture électronique des données d’identification du véhicule et de son propriétaire, centralisées dans une base de données nationale.
Le gouvernement justifie également ce changement par la volonté de lutter contre la prolifération des fausses plaques. Mais l’annonce a rapidement été critiquée. De nombreux conducteurs redoutaient un remplacement immédiat et obligatoire des plaques actuelles, alors même que l’obtention de celles-ci reste difficile dans plusieurs provinces.
Face à la polémique, les services du ministère des Finances précisent que la nouvelle plaque ne concerne, dans l’immédiat, que les nouveaux véhicules. Ceux déjà en circulation conserveront leurs plaques actuelles jusqu’à fin 2026, quand la nouvelle plaque deviendra alors obligatoire pour tous.
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Du côté de la société civile, la coalition Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) dénonce un processus d’attribution de ce marché, qualifié d’opaque. Elle évoque des soupçons de favoritisme, un montage financier défavorable à l’État et appelle à la suspension immédiate de l’opération, ainsi qu’à un audit indépendant du marché des plaques.
Le marché est juteux. Selon la plateforme anti-corruption, la plaque produite à 35 dollars en Belgique sera revendue à l’État congolais à 65 dollars. Et les automobilistes l’obtiendront contre la somme de 100 dollars, voire 115 dollars.


