Congo-Brazzaville: Trois dirigeants de la Fécofoot condamnés par la justice congolaise

La Cour criminelle a rendu, le 9 mars, son verdict condamnant le président de la Fédération congolaise de football (Fécofoot) à une réclusion criminelle à perpétuité et d’une amende de 100 millions FCFA. Badji Mombo Wantété, secrétaire général, et Raoul Kanda, chef du département des finances, ont quant à eux été condamnés à cinq ans d’emprisonnement plus une amende d’un million FCFA chacun. La Cour accorde, par ailleurs, trois jours pour pourvoir en cassation.

Jean Guy Blaise Mayolas, Badji Mombo Wantété, Raoul Kanda, Marie Cathérine Nandiba, Dasylva Horjeancine Ngouassika Boula et Lionel Mayolas ont été accusés pour détournement de fonds, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux en écriture privée, prise illégale d’intérêt et complicité.

L’Etat congolais a porté plainte contre ces dirigeants de la Fécofoot pas pour le détournement de son argent mais pour les fonds covid-19, alloués à la Fécofoot par la Fédération internationale de football association (Fifa) pour le soutien au football féminin, estimés à 500 mille dollars, soit 300 millions FCFA.

Une décision qui interroge, parce que la Fifa, pourvoyeuse des fonds, ne s’est pas plainte d’un quelconque détournement. Encore moins la Société nationale des pétroles du Congo citée dans ce procès car, principal sponsor de la Coupe du Congo, elle avait mobilisé 90 millions FCFA dans l’organisation de la compétition.


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D’après les témoignages, les clubs de football féminin de l’époque avaient chacun reçu un million FCFA. Seuls trois clubs n’étaient pas servis parce qu’ils ne remplissaient pas les critères selon les explications des accusés. Le reste a servi au développement du football féminin.

Ce procès qui s’est tenu du 4 au 9 mars a pris, selon les avocats de la défense, l’allure d’un règlement de compte dans le seul but de destituer le président de la Fécofoot. Il n’avait pas sa raison d’être puisque la Fifa a toujours rappelé que les associations membres doivent gérer leurs affaires de manière autonome, sans influence étatique ou tierce. Sur le contrôle des fonds, l’instance faîtière avait clairement indiqué qu’elle effectuera elle-même les contrôles nécessaires concernant l’utilisation des fonds qu’elle alloue.

Pour la partie civile, la Fécofoot créée en 1962 ayant reçu délégation du pouvoir a l’obligation de rendre compte, parce qu’elle bénéficie d’une subvention de l’Etat s’appuyant sur l’article 8 du Code de sport. « L’Etat conclut avec les fédérations sportives nationales, le Comité olympique et sportif congolais et le Comité paralympique congolais des contrats d’objectifs et de performance et leur accorde un soutien… », a-t-elle soutenu.

Et d’ajouter : « Les fédérations qui bénéficient d’une aide de l’Etat sont tenues de présenter à l’administration des finances, dès la clôture de l’exercice au titre duquel la subvention était accordée, les pièces comptables justificatives. Les documents de la fédération et les pièces comptables assorties des rapports moraux et financiers sont adressés chaque année au ministère en charge des Sports aux fins de contrôle ».

Pour la défense, l’Etat n’est qu’un partenaire puisque l’article 3 du même code précise que « l’Etat représenté par le ministère des Sports entretient un dialogue permanent et harmonieux avec le mouvement olympique représenté par le Comité national olympique et sportif congolais, le Comité paralympique congolais et les fédérations sportives nationales ».

Selon les témoignages recueillis, les clubs de football et la Fécofoot ont déclaré qu’ils ne reçoivent pas le financement de l’Etat. Le contrôle des fonds alloués à la Fifa par l’Etat relève de ce que la Fifa qualifie de l’ingérence dans la gestion de la fédération. Les sanctions peuvent être lourdes de conséquences pour le football congolais.

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