Combattants africains pour la Russie: la filière de recrutement cible particulièrement le Cameroun

Le Cameroun est un des principaux pays d’origine des combattants africains présents dans les rangs de l’armée russe en Ukraine, selon les conclusions d’une enquête du collectif All Eyes on Wagner. Sur la liste de 1 417 contractuels africains en sa possession, 335 sont Camerounais, c’est le deuxième pays de départ derrière l’Égypte et devant le Ghana, mais le premier en nombre de morts avec 94 décès recensés, soit 28%. On ne connait pas le nombre de blessés et de prisonniers.

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Sur les photos de cette annonce circulant sur les réseaux sociaux, les hommes sont blancs et souriants : une entreprise russe dont le nom n’est pas spécifié dit chercher des charpentiers camerounais. Elle promet un logement gratuit, une assurance santé, deux repas par jour : Salaire de départ : 1 200 dollars. Le numéro de contact est en Russie.

Une annonce circulant sur les réseaux sociaux indiquant qu'une entreprise russe cherche des charpentiers venant du Cameroun.
Une annonce circulant sur les réseaux sociaux indiquant qu’une entreprise russe cherche des charpentiers venant du Cameroun. © Capture d’écran d’une annonce circulant sur les réseaux sociaux

Selon plusieurs interlocuteurs, le Cameroun est un pays cible en raison de sa situation politique, économique et sociale. Plusieurs témoignages, notamment sur RFI, ont déjà établi comment de jeunes urbains succombent aux promesses, faute de perspectives d’avenir dans leur pays. Comme Joël, un géomètre de Douala, père d’un bébé de deux mois, qui comptait subvenir aux besoins de ses parents malades et payer les études de son petit frère et qui a disparu quelques semaines après son arrivée en Russie.

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Les militaires aussi visés

Le Cameroun compte de multiples agences proposant des visas en moins d’un mois. Des influenceurs et des hommes d’affaires font aussi la promotion de programmes comme Alabuga Start, qui vise à recruter des jeunes femmes pour une usine de construction de drones.

Les militaires camerounais qui peuvent décupler leur solde sont aussi ciblés. En mars 2025, le ministère de la Défense a parlé de « départs clandestins » et les a interdits de sortir du territoire sans autorisation directe.

Jusque-là, les autorités ne se sont jamais exprimées officiellement sur le sujet. « Détecter les réseaux n’est pas chose aisée », estime une source proche du gouvernement. « Ce rapport va être exploité, on ne va pas abandonner les familles, promet notre interlocuteur. Cela se fait dans le cadre de relations entre États, et pas via les médias ». Il enjoint les familles sans nouvelles à saisir la direction consulaire du ministère des Relations extérieures.

   

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