Centrafrique: La paix peine à se concrétiser au pays

En République centrafricaine, deux groupes armés hostiles au gouvernement ont récemment réintégré l’accord de paix qu’ils avaient dénoncé en 2020.

En République centrafricaine, deux groupes armés hostiles au gouvernement ont récemment réintégré l’accord de paix qu’ils avaient dénoncé en 2020. Ce revirement s’est opéré grâce à l’implication du président tchadien, Mahamat Idriss Déby. N’Djamena a en effet accueilli la signature d’un accord, dont la cérémonie officielle a eu lieu le 11 juillet dernier à Bangui. Mais plus d’un mois plus tard, la mise en oeuvre de l’accord sur le terrain s’avère compliquée.

L’accord signé entre le gouvernement et les mouvements armés 3R d’une part et l’UPC d’autre part prévoit le désarmement des rebelles. En contrepartie de leur renoncement à la violence armée, les autorités centrafricaines se sont engagées à enrôler leurs combattants ou à nommer leurs chefs à des postes civils et militaires.

Les exactions se poursuivent


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En dépit de ces engagements, très vite, des exactions sont signalées côté rebelles mais aussi des paramilitaires Wagner, alliés du gouvernement. Dans une vidéo, Yaya Ahamadou, coordonnateur politique du mouvement 3R, alerte sur les violations de l’accord par les Russes du « groupe Wagner », désormais appelé Africa Corps et appelle à la responsabilité des garants et facilitateurs.

Pour lui, « ce que font les Russes contre les différentes positions de nos hommes sur le terrain depuis la signature de l’accord ? Ce lundi 18 août, une position de nos hommes a été prise pour cible et on dénombre de notre côté un mort « .

En réaction, le ministre Jean-Wilibiro Sacko en charge du désarmement désapprouve l’usage de la force par les Wagner comme contraire à l’approche du gouvernement.

Il estime que « toutes les opérations qui ont été menées jusqu’à présent, les quelque 8.000 personnes qui ont été désarmées et les 40.000 désarmés par la Minusca l’ont été de manière pacifique. Il n’est pas prévu dans notre approche de désarmement forcé. Le désarmement forcé, c’est de l’opération militaire. Donc les quelques interventions qui ont eu lieu ces derniers temps sont donc des initiatives qui n’ont pas été encouragées par le gouvernement ».

Influence sur les chefs rebelles

Thierry Vircoulon, chercheur à l’International Crisis group (ICG), entrevoit, lui, plusieurs écueils. Outre le cas Wagner, le chercheur estime que le Tchad du fait de son influence sur les chefs rebelles peut jouer un rôle prépondérant dans le règlement du litige en cas de désaccord.

Le chercheur note que « le maitre d’oeuvre sur le terrain de l’accord ça semble être non pas la Minusca comme ça avait été le cas dans le passé, mais les Wagner. Ils semblent être des acteurs de mise en oeuvre de l’accord sur le terrain. Or, il ne peut avoir de confiance entre les Wagner, l’UPC et les 3R puisqu’ils se sont battus ensemble et que les groupes armés ont beaucoup d’exactions à leur reprocher donc ça va poser un problème majeur ».

Cet accord a été présenté par les signataires comme celui de la dernière chance pour la paix. Par ailleurs, l’accord prévoyait le regroupement et le rapatriement des combattants étrangers. Cependant, le gouvernement centrafricain se heurte à un problème de financement pour mettre en oeuvre ces opérations.

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