Centrafrique: face à une morsure de serpent, «chaque minute compte»

En République centrafricaine, fait méconnu quoique fréquent, les morsures de serpents s’ajoutent à la longue liste des maladies infectieuses. Même en l’absence de statistiques officielles, de nombreuses personnes perdent la vie, tandis que d’autres continuent de souffrir des conséquences de ces morsures. Focus sur cette maladie à l’occasion, vendredi 30 janvier, de la Journée mondiale des maladies infectieuses.
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De notre envoyé spécial à Djebel, Rolf Steve Domia-Leu
Les files d’attente s’allongent dès l’aube dans le centre de santé de Djebel, village à 14 kilomètres au nord de la capitale centrafricaine, Bangui. Des mères portent leurs enfants fiévreux, des vieillards avancent péniblement, soutenus par leurs proches.
Parmi eux, Ramatou accompagne son enfant mordu par un serpent il y a deux semaines. « Il jouait avec ses amis près de la maison lorsqu’il a été mordu par le serpent », explique cette mère de famille, « sa jambe enfle chaque jour et il ressent des douleurs intenses et de la fièvre en plus de ne pas avoir d’appétit. »
Ici, la proximité avec la brousse et le manque d’éclairage la nuit exposent quotidiennement la population aux morsures. Salvador en a un mauvais souvenir. Il se rappelle que, l’année dernière, l’un de ses voisins a été mordu pendant qu’il travaillait au champ. « On n’avait pas de moyen rapide pour l’emmener à l’hôpital et il a trouvé la mort », regrette Salvador, « ici, la morsure des serpents touche principalement les agriculteurs, les éleveurs et les enfants », détaille-t-il.
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Le principal défi reste l’accès aux soins. Dans les zones reculées, les centres de santé manquent souvent de sérum antivenimeux, et l’état des routes retarde l’évacuation des victimes vers Bangui.
Un triste constat que Rosalie, infirmière, déplore car « chaque minute compte, une morsure non traitée peut entraîner de graves complications, voire la mort. » D’expérience, elle observe que « beaucoup de patients arrivent trop tard, certains utilisant d’abord des traitements traditionnels, ce qui aggrave leur cas ».
Des centaines de Centrafricains sont mordus chaque année par des serpents. Le ministère de la Santé recommande notamment de porter des chaussures fermées dans les champs, d’éviter de manipuler les serpents, et de garder les villes propres.
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