Centrafrique: des étudiants contraints de s'exiler en raison de la guerre en Ukraine

Quatre ans après le déclenchement de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, de nombreuses trajectoires de vies ont été brutalement interrompues. Parmi elles, celles de centaines d’étudiants africains partis se former en Ukraine, qui ont vu leurs rêves se fracasser sous le bruit des bombes. Pris au piège dans un conflit inattendu, beaucoup ont dû fuir dans l’urgence, traversant des frontières dans des conditions difficiles pour trouver refuge dans les pays voisins. Une grande partie d’entre eux a finalement rejoint la France pour tenter de reconstruire leur avenir.
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Avec notre correspondant à Bangui, Rolf Steve Domia-leu
Parmi ces étudiants figure Arc de Gloire Mapouka, un étudiant centrafricain, alors en études de comptabilité-gestion. Après avoir survécu aux premières frappes et à un périple éprouvant hors d’Ukraine, il a été accueilli en France, où il s’efforce aujourd’hui de rebâtir sa vie. Arc de Gloire Mapouka revient sur les premières heures du conflit, son exil vers la France et les projets qu’il porte désormais pour contribuer au développement de la République centrafricaine.
Sur le tarmac balayé par le vent de l’aéroport Charles-de-Gaulle, les avions décollent dans un grondement sourd. Derrière les vitres d’un bureau lumineux, Arc de Gloire Mapouka ajuste ses lunettes et referme un dossier comptable. « Le 24 février 2022, vers 3 heures du matin, je dormais encore. J’ai entendu des bombardements partout. Je n’ai rien pris, juste mon passeport. On a marché tout le trajet à pied pendant des jours, pour arriver à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne », témoigne-t-il.
Exil vers la France
Malgré la faim, la soif et le froid, un nouveau voyage débute en direction de la France, ce pays où il nourrit l’espoir de rebâtir ce que la guerre a interrompu. « J’ai pris la décision de venir en France parce que je parle français, donc c’est facile pour moi. Quand nous sommes arrivés, nous avons été accueillis par plusieurs associations dont la mission est d’aider les gens qui fuient la guerre en Ukraine pour arriver en France. Comme je suis bilingue, j’ai eu mes papiers, ce qui a facilité mon intégration », ajoute le jeune homme.
Aujourd’hui, il travaille et gagne sa vie, mais il n’oublie pas son pays, la Centrafrique. « Au début, je travaillais dans l’administration d’une entreprise. Après, mon contrat s’est arrêté, ajoute-t-il. Ensuite, j’ai postulé pour un poste à l’aéroport Charles-de-Gaulle. J’y travaille actuellement comme agent commercial. »
Arc de Gloire travaille avec l’ambition de créer prochainement une entreprise en Centrafrique afin d’offrir des emplois aux jeunes.
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