Centrafrique: affrontements meurtriers dans la ville minière de Ndassima, dans le centre du pays

L’assassinat d’un artisan minier par un « Russe noir », un ancien rebelle centrafricain aujourd’hui intégré aux forces armées après avoir été formé par des instructeurs russes de l’ex-groupe Wagner, a provoqué une vague de violence dans la cité. Les témoignages recueillis sur place font état de quatre morts dans les affrontements.

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Avec notre correspondant à Bangui, Rolf Steve Domia-Leu

Depuis vendredi 27 mars, la ville minière centrafricaine de Ndassima située à une cinquantaine de kilomètres de Bambari, dans le centre du pays, est secouée par des affrontements qui ont fait plusieurs morts et blessés.

À l’origine de ces violences : le soulèvement de nombreux jeunes de la cité pour protester contre l’assassinat présumé d’un artisan minier par des « Russes noirs », terme qui désigne communément d’anciens rebelles centrafricains désarmés, démobilisés et formés par des instructeurs russes de l’ex-groupe Wagner présents dans la ville depuis plusieurs années. Aujourd’hui intégrés aux Forces armées centrafricaines, ils travaillent en collaboration avec les Russes pour assurer la sécurité dans la région.

La situation s’est envenimée après l’arrestation de trois artisans miniers qui ont l’habitude de récupérer les déchets de gravier déjà traités par les machines dans l’espoir d’y trouver quelques fragments d’or – une activité à laquelle beaucoup s’adonnent dans la région -, rapportent plusieurs habitants de Ndassima joints par téléphone.

« Sous le choc, les jeunes de la ville sont sortis en masse »

« Parmi eux, deux étaient issus de la communauté chrétienne et un de la communauté peule, précise l’un d’entre eux qui poursuit : Vers 10 heures du matin vendredi, des Russes noirs ont tué l’un des artisans appartenant à la communauté chrétienne alors que celui issu de la communauté peule a été libéré, ce que les habitants de la localité ont très mal digéré. C’est alors qu’ils ont commencé à exprimer leur mécontentement dans la rue ».

La contestation a ensuite rapidement dégénéré. « Les jeunes de la ville étaient vraiment sous le choc et sont sortis en masse, munis d’armes blanches, de bâtons et de pierres, pour bloquer toute activité. Ils ont ensuite détruit plusieurs édifices publics, dont la mairie, et saccagé des postes de contrôle. Il y a également eu des scènes de pillage », reprend ce même habitant.

Les témoignages recueillis font état de quatre morts – trois civils et un soldat. L’intervention des forces de l’ordre venues de Bambari a permis de reprendre le contrôle de la ville, qui était toujours paralysée dans la soirée du samedi 28 mars.

À cette heure, les autorités locales n’ont, de leur côté, pas encore communiqué sur les circonstances exactes des évènements.

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