Cap-Vert: Voginha, maestro de la six cordes, la guitare au plus profond de l’âme

Ce dimanche 12 avril, direction Praia au Cap-Vert où s’est déroulée cette semaine la 12e édition de l’Atlantic Music Expo. Un évènement qui réunit des professionnels de la musique du monde entier avec près de 30 concerts gratuits. Tête-à-tête avec un maestro, un maître de la guitare, Voginha.
Un bonheur n’arrive jamais seul. Voginha est là. Mythe de la musique traditionnelle cap-verdienne, d’une classe infinie, l’artiste, sans dire un mot, pose ses doigts sur sa guitare et commence à raconter son histoire et l’appel de la musique lorsqu’il était enfant : « À l’époque, il y avait des bals populaires. Je dormais avec mon grand-père et dès que j’entendais le son du violon, je sortais, je passais la sécurité et je m’asseyais avec les musiciens jusqu’à la fin, c’est ça la vie ! »
Voginha, de son vrai nom José Carlos Grito, est né en 1961 sur l’île de Boa Vista, au sein d’une famille de musiciens. Un apprentissage transmis par son père. « Dès que je prends ma guitare, je pense à des solos de guitare. J’ai appris, j’ai hérité de mon père Tazinho qui était un maître, et ensuite, celui qui m’a mis dans cette voie, c’est un autre grand “monstre” de la musique du Cap-Vert, Luis Rendall. »
Voginha avait 14 ans à l’indépendance du Cap-Vert en 1975. Avant cette libération, la musique, jouée discrètement sur l’archipel, enregistrée à l’étranger et diffusée sur K7, a joué un rôle fondamental pour conscientiser le peuple. « Avant l’indépendance, la musique a joué un rôle très important parce que le message qu’elle apportait, c’était une forme de conscientisation et de libération du peuple, grâce à des cassettes qui arrivaient clandestinement et que l’on écoutait. Ça a joué un rôle dans la libération cap-verdienne », rappelle-t-il.
Voginha fait partie des géants qui ont joué avec Cesaria Evora. C’est cet héritage qu’il porte, cette histoire qu’il souhaite prolonger jusqu’à son dernier souffle, dans la transmission d’une vibration, d’un amour profond. « Ça touche mon âme, c’est pour cela que je jouerai de la guitare jusqu’au jour de ma mort, et j’espère voyager dans le monde pour montrer ma musique, mon art et la musique capverdienne. »
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