Cap-Vert: quand la musique apporte un vent de vérité et de liberté

Praia, la capitale du Cap-Vert, a vibré cette semaine au rythme des musiques du monde avec deux festivals de musique devenus majeurs : l’Atlantic Music Expo, qui a réuni des professionnels du monde entier entre le 6 et le 9 avril ; et le Kriol Jazz Festival, les 9, 10 et 11 avril, avec notamment des concerts du Sénégalais Ismaël Lo et des Congolais « Les autres étoiles du Zaire ». Reportage.

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De notre envoyé spécial à Praia,

L’Atlantic Music Expo, évènement devenu majeur dans la production musicale, a réuni des professionnels du monde entier entre le 6 et le 9 avril. Avec des groupes du Cap-Vert, du Congo, du Sénégal ou encore d’Italie… En tout, près de trente concerts, tous gratuits. Un festival populaire. Portraits croisés de deux artistes, Juliata Cohen et Princezito.

Vivre au rythme de la nature, se connecter à la terre mère… Telle est la philosophie de Princezito, Carlos Alberto Sousa Mendes à l’état civil.

Homme de la nuit, il est fasciné par la Lune, façonné par la poésie, la musique et par la vie avec sa grand-mère.

« Minina, c’est la maman de ma maman. Elle parlait avec des animaux, avec des plantes. Elle pouvait dire : « Mais pourquoi tu ne donnes pas une fleur, si je te donne de l’eau tous les jours ? ». Après, j’ai aussi commencé à parler avec les animaux et les plantes. Moi, je crois que je chante pour remercier l’univers », s’émerveille-t-il.

Comme Princezito, Juliata Cohen est une belle âme. Portée par ses envies, la chanteuse née en France a ses racines en Afrique du Nord, a passé du temps au Mali, au Burkina et a fait du Cap-Vert sa seconde maison.

« Je crois profondément que la musique a un pouvoir, surtout en ce moment, avec toutes ces guerres. Je crois que c’est une clef pour passer des messages, c’est une clef pour apaiser les cœurs aussi. »

Juliata Cohen, Princezito, deux voix, deux identités mais une lutte commune, celle de dénoncer les injustices, de se battre pour un monde plus honnête et plus juste. 

Patche Di Rima, « le porte-parole du peuple »

Soutenu par sa communauté bissau-guinéenne présente à Praia, Patche Di Rima a ambiancé le public de la Rua Pedonal. 

Patche Di Rima, à Praia, au Cap-Vert, le 11 avril 2026.
Patche Di Rima, à Praia, au Cap-Vert, le 11 avril 2026. © Guillaume Thibault / RFI

Ce samedi matin, rencontre avec l’artiste de Guinée-Bissau, Patche Di Rima, qui a participé au Kriol Jazz Festival… Si la vie est une fête, il est le président de l’ambiance.

Durant ses concerts, avec son immense sourire, l’artiste donne tout, partage son énergie, une célébration puissante avec une réelle conscience politique et une vision pour son pays : « Unité, solidarité et amitié, c’est très important. Travailler pour une nouvelle Guinée-Bissau, en créant un nouveau visage qui va tout changer pour vivre un vrai développement ».

Patche Di Rima au Kriol Jazz Festival – reportage

Guillaume Thibault

Patche Di Rima aime se présenter comme le porte-voix du peuple. L’artiste assume ses positions politiques et il estime que six mois après le coup d’État, l’armée doit laisser le pouvoir : « La place de l’armée, c’est juste de laisser la démocratie respirer, qu’ils laissent les politiciens faire leur travail, qu’ils laissent au peuple la liberté de parole, la liberté de l’éducation pour obtenir un vrai développement. »

Patche Di Rima reste optimiste et garde espoir de voir tous les Bissau-Guinéens au pays, mais aussi ceux de la diaspora, se serrer les coudes pour sortir de l’impasse : « Il y a un problème, mais si on travaille ensemble, on va rencontrer la solution. On vit un moment très compliqué mais moi je crois que la Guinée-Bissau va rencontrer son avenir. »

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